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Décès de Mohamed Harbi : l’Algérie perd une mémoire vivante

L’annonce est tombée le jeudi 1er janvier 2026 sur les antennes de la télévision nationale. Mohamed Harbi, figure majeure de la lutte pour l’indépendance et historien reconnu, est décédé à l’âge de 93 ans. Sa disparition marque la perte d’un témoin direct de l’histoire algérienne, devenu l’un de ses analystes les plus rigoureux.

Un acteur clé de la révolution algérienne

Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, près de Skikda, Mohamed Harbi s’engage très tôt contre le système colonial. Durant la guerre de libération nationale, il occupe des fonctions stratégiques au sein du Front de libération nationale (FLN), s’imposant comme un cadre politique influent.

Proche de Krim Belkacem, il intègre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et participe aux premières négociations d’Évian avec la France. Un rôle central dans un processus décisif qui conduira à l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Portrait de Mohamed Harbi, intellectuel et historien algérien.

De l’engagement militant à l’écriture de l’histoire

Après l’indépendance, Mohamed Harbi se consacre à l’enseignement et à la recherche. Fort de son expérience au cœur de la Révolution de 1954, il entreprend d’en décrypter les mécanismes politiques et les contradictions internes, avec une exigence scientifique saluée au-delà des frontières.

Ses travaux, devenus des références, ont profondément renouvelé l’historiographie du mouvement national algérien. Cette lecture critique, assumée et documentée, lui a valu reconnaissance académique autant que débats publics.

Jusqu’à récemment, il demeurait actif dans la sphère intellectuelle. Le Front des forces socialistes (FFS) a indiqué qu’il devait intervenir en janvier lors d’un colloque consacré à Hocine Aït Ahmed, compagnon de lutte. Une participation que le destin n’aura pas permis.

Hommages officiels et reconnaissance nationale

Portrait de Mohamed Harbi, intellectuel et historien algérien.

Dans un message de condoléances, le président de la République a salué « un homme d’exception », soulignant à la fois son engagement révolutionnaire et son apport intellectuel à l’histoire nationale. Le chef de l’État a adressé ses condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la famille révolutionnaire, priant pour que Dieu lui accorde Sa miséricorde. Avec la disparition de Mohamed Harbi, l’Algérie perd une conscience historique lucide, dont l’héritage intellectuel continuera d’éclairer les générations futures.

Elisée
Elisée
Editeur chevronné du web, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité du maghrébine et de la diaspora en général.

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