L’Algérie s’apprête à généraliser le contrôle de vitesse et du temps de conduite grâce au chronotachygraphe, un dispositif qui sera bientôt activé à bord des poids lourds et des bus. Cette mesure vise à endiguer la multiplication des accidents mortels sur les routes du pays. Le ministère de l’Intérieur a récemment réuni ses cadres pour finaliser les préparatifs de ce déploiement.
Une réunion de coordination sur le chronotachygraphe
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a dirigé mardi 18 août 2026 une réunion consacrée à ce projet. La rencontre, tenue au Palais du Gouvernement, a rassemblé plusieurs responsables du ministère.
Les échanges ont porté sur l’examen et le suivi des préparatifs liés à la mise en service de cet appareil. Ce dernier permet de mesurer la vitesse des véhicules ainsi que la durée de conduite des chauffeurs professionnels.
Le dispositif concerne spécifiquement les véhicules lourds et les moyens de transport collectif de voyageurs, en particulier les autobus. Son activation constitue une étape clé dans la stratégie nationale de sécurité routière.
Des instructions pour accélérer le déploiement du dispositif
Lors de cette réunion, le ministre a transmis plusieurs directives à ses services. Il a notamment demandé d’intensifier le rythme des travaux préparatoires et de finaliser les procédures techniques et organisationnelles.
Saïd Sayoud a également invité ses collaborateurs à formuler des propositions concrètes. Ces recommandations doivent permettre de concrétiser rapidement l’installation du chronotachygraphe dans le parc concerné.
Selon le ministère, ces orientations visent à améliorer l’efficacité globale du système de sécurité routière. Elles doivent aussi contribuer à réduire les excès de vitesse et à limiter le nombre d’accidents.
Un cadre légal issu du nouveau code de la route
Cette mesure s’appuie sur un fondement juridique précis. Elle découle en effet des dispositions de l’article 85 de la loi 26-09, adoptée le 12 mai 2026, qui encadre le nouveau code de la route.
Le recours à cet outil de contrôle du temps de conduite répond à un objectif de prévention. Il s’agit de mieux surveiller le respect des règles par les conducteurs de véhicules professionnels sur l’ensemble du territoire.
Des accidents de bus en série qui alarment l’Algérie
L’accélération de ce projet intervient dans un contexte routier particulièrement préoccupant. Les collisions impliquant des poids lourds et des bus se sont multipliées ces dernières semaines, provoquant de lourds bilans humains.
Le 31 juillet, un accident survenu à Boumerdès a coûté la vie à 28 personnes et fait 39 blessés. Dès le lendemain, le 1er août, un drame similaire à Timimoun a entraîné le décès de quatre voyageurs et blessé 43 autres.
Quelques jours plus tard, un accident enregistré à Constantine a causé six morts et dix-neuf blessés. Ces événements dramatiques ont ravivé l’inquiétude autour de la sécurité du transport collectif.
Le drame de Naâma illustre l’urgence
Le dernier accident marquant remonte au 16 août. Ce jour-là, à l’aube, un bus a été impliqué dans une collision sur la route nationale 6, dans la commune d’Aïn Sefra, au sein de la wilaya de Naâma.
Ce drame a fait six morts et trente et un blessés. Il illustre l’urgence d’un renforcement des mesures de contrôle visant les chauffeurs et les véhicules de transport de voyageurs.
Un renforcement des contrôles sur les autobus
Face à cette vague d’accidents, les autorités ont durci la surveillance dans plusieurs régions du pays. Des opérations de vérification supplémentaires ciblent désormais les autobus assurant le transport de passagers.
Ces contrôles portent sur l’état technique des véhicules ainsi que sur l’aptitude des conducteurs. Un dépistage de stupéfiants a notamment été instauré pour s’assurer que les chauffeurs prennent le volant en pleine possession de leurs moyens.
L’introduction prochaine du chronotachygraphe s’inscrit dans cette même logique de prévention. En combinant contrôle de vitesse, suivi du temps de conduite et vérifications renforcées, l’Algérie espère réduire durablement le nombre de victimes sur ses routes.