La crise de Ceuta a provoqué un tour de vis inattendu à l’entrée du territoire marocain. Depuis plusieurs jours, les ressortissants algériens et tunisiens font face à de nouvelles exigences à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, sur fond de vives tensions autour de l‘enclave espagnole.
De nouvelles conditions d’entrée imposées aux Algériens et Tunisiens
Les autorités marocaines demandent désormais aux voyageurs algériens et tunisiens de fournir une preuve de réservation hôtelière ainsi qu’un billet d’avion retour. Sans ces documents, l’accès au territoire leur est refusé.
Ce dispositif vise en particulier les passagers arrivant de Tunisie et de Turquie, deux points de transit privilégiés. En l’absence de liaisons aériennes directes entre l’Algérie et le Maroc, les voyageurs algériens transitent en effet fréquemment par ces deux pays.
Un passager marocain, arrivé de Tunisie, a décrit un contrôle renforcé dès la sortie de l’appareil. Une équipe de sécurité procède à des vérifications d’identité à la descente des avions. Les voyageurs dépourvus des justificatifs demandés sont immédiatement renvoyés vers leur pays de départ.
Les publics exemptés de ces nouvelles restrictions
Selon plusieurs médias marocains, ces mesures ne concernent pas tout le monde. Les binationaux algériens et tunisiens restent autorisés à franchir la frontière sans présenter ces documents supplémentaires.
Le contrôle renforcé cible donc spécifiquement les passagers en provenance de Tunisie et de Turquie. Cette distinction montre le caractère ciblé du dispositif mis en place par Rabat dans le cadre de sa gestion de la crise migratoire.
Une dispense de visa toujours en vigueur
Habituellement, les citoyens algériens et tunisiens bénéficient d’une dispense de visa pour entrer au Maroc. Cette exemption n’est pas remise en cause par les nouvelles règles.
Les mesures actuellement appliquées modifient temporairement les modalités pratiques d’accès au royaume. Elles ajoutent des conditions de contrôle sans supprimer le principe de circulation sans visa dont profitent ces ressortissants.
Les premiers refoulements enregistrés à Casablanca
Le journaliste algérien Moncef Ait-Kaci a relayé, le mercredi 19 août 2026, les récits de plusieurs voyageurs algériens refoulés dès leur arrivée à l’aéroport de Casablanca. D’après un témoin, une vingtaine de passagers auraient été renvoyés le lundi 17 août.
Le nombre de personnes concernées aurait fortement augmenté le lendemain, mardi 18 août. Aucun motif précis n’aurait été communiqué aux voyageurs interdits d’entrée sur le territoire.
Deux femmes, apparentées à l’auteur du témoignage, affirment avoir été refoulées malgré des justificatifs solides. Elles disposaient notamment d’un acte de mariage et de l’adresse de proches installés au Maroc.
Le quotidien espagnol La Razón a confirmé cette tendance dans son édition du vendredi 21 août 2026. Le journal rapporte que les autorités marocaines ont commencé à refuser l’entrée à un grand nombre d’Algériens et de Tunisiens.
La crise de Ceuta au cœur du durcissement marocain
Ces restrictions s’inscrivent dans le prolongement de la crise autour de Ceuta. L’enclave espagnole a été confrontée à une vague migratoire d’une ampleur inédite à la fin du mois de juillet 2026.
Rabat justifie ces mesures par la volonté d’empêcher des ressortissants algériens et tunisiens de rejoindre le nord du pays. L’objectif affiché serait de contrer les tentatives de passage vers l’enclave espagnole.
Cet argument reste toutefois vivement contesté. Plusieurs observateurs estiment qu’il vise à dégager la responsabilité du royaume dans les événements de Ceuta, alors que les autorités marocaines sont accusées d’avoir laissé se former ces mouvements migratoires.
Casablanca, principal point d’entrée surveillé
L’aéroport Mohammed V de Casablanca demeure le principal point d’arrivée aérien pour les voyageurs venus de Tunisie et de Turquie. C’est logiquement là que se concentre le dispositif de contrôle renforcé.
Les opérations de vérification se poursuivent dans le cadre du plan sécuritaire déployé autour de Ceuta. Ce dispositif reste actif depuis les tentatives de traversée massive observées à la fin du mois de juillet 2026.
La crise de Ceuta illustre une nouvelle fois les fragilités des relations entre les pays du Maghreb et l’Europe. Le durcissement des conditions d’entrée au Maroc pourrait alimenter les tensions déjà vives entre Rabat et ses voisins régionaux dans les semaines à venir.