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Carburants : ce que le gouvernement pourrait décider dès 2027

La hausse des prix des carburants pourrait devenir un sujet brûlant en Algérie à l’horizon 2027. Le projet de loi de finances (PLF) pour cette année contient une disposition qui autoriserait l’exécutif à ajuster les tarifs de l’essence, du gasoil et du GPLc sans validation parlementaire. Une mesure qui suscite déjà des réticences au sein de l‘Assemblée populaire nationale.

Ce que prévoit l’article 218 sur la hausse des prix des carburants

Au cœur du débat figure l’article 218 du PLF 2027. Ce texte stipule que les prix des carburants pourraient « faire l’objet de révision, en cas de besoin, par les parties prenantes ». La formulation reste volontairement floue, puisqu’aucune précision n’est apportée sur l’identité de ces fameuses parties prenantes.

Concrètement, cette clause ouvrirait la porte à des augmentations potentielles sur les trois principaux carburants distribués dans le pays. L’essence, le diesel et le gaz de pétrole liquéfié carburant seraient ainsi concernés par d’éventuels relèvements tarifaires décidés en dehors du cadre législatif habituel.

Une marge de manœuvre élargie pour le gouvernement

Si cette disposition venait à être adoptée en l’état, l’exécutif disposerait d’une latitude inédite. Il pourrait procéder à des ajustements de prix sans soumettre sa décision au vote des députés. Une perspective qui inquiète ceux qui redoutent une érosion du contrôle parlementaire sur les questions économiques sensibles.

La Commission des finances de l’APN entre en résistance

Cette proposition gouvernementale risque toutefois de se heurter à un mur. La commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale a formulé pas moins de 26 amendements de fond concernant le PLF. L’un d’eux vise directement la question épineuse des carburants.

Les membres de cette commission souhaitent encadrer strictement toute évolution tarifaire. Leur objectif : soumettre « toute révision des prix des carburants » décidée par les parties prenantes à « l’approbation » du Parlement, dans le respect du cadre de la loi de finances.

Transparence et pouvoir d’achat au centre des préoccupations

Selon les élus, cet amendement poursuit un double but. Il s’agit d’abord de garantir une plus grande transparence dans le processus décisionnel. Il vise ensuite à préserver le pouvoir d’achat des Algériens, déjà soumis à de fortes pressions économiques.

Un bras de fer entre l’APN et l’exécutif

Le désaccord entre la commission parlementaire et le gouvernement traduit une divergence de fond. Le rapporteur de la commission a justifié cette opposition par « la nécessité de consacrer le caractère social de l’État ». Il a également invoqué le respect des constantes nationales algériennes.

Pour les députés, impliquer les représentants du peuple dans toute décision de hausse constitue une garantie démocratique essentielle. Ils estiment que ce type d’augmentation ne saurait être décidé sans un débat au sein de l’hémicycle, compte tenu de ses répercussions sociales.

La position défendue par le gouvernement

De son côté, l’exécutif avance ses propres arguments. Dans l’exposé des motifs justifiant l’absence de vote parlementaire, il rappelle que l’État applique l’une des politiques de tarification « parmi les plus avantageuses et stables au monde ».

Cette stratégie tarifaire viserait, selon le gouvernement, à soutenir durablement le modèle énergétique national. Les autorités mettent en avant la stabilité des prix comme un acquis à préserver, tout en cherchant davantage de souplesse dans leur gestion.

Quel avenir pour les prix des carburants en Algérie ?

L’issue de ce débat reste suspendue aux arbitrages parlementaires. Si l’amendement de la commission des finances venait à l’emporter, le gouvernement ne pourrait relever les tarifs sans l’aval des députés. Le principe du contrôle législatif serait ainsi réaffirmé.

Dans le cas contraire, l’adoption de l’article 218 en l’état donnerait à l’exécutif une capacité d’action élargie. La question du carburant touche directement le quotidien des ménages et des professionnels, ce qui explique l’intensité des discussions autour de ce dossier.

En définitive, ce débat dépasse la simple mécanique budgétaire pour toucher à l’équilibre des pouvoirs. La manière dont seront fixés les prix des carburants en 2027 dira beaucoup sur la place accordée au Parlement et sur la protection du pouvoir d’achat des citoyens algériens.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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