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Blida : 22 cadres accusés d’avoir laissé filer le foncier agricole

La protection du foncier agricole dans la wilaya de Blida se trouve au cœur d’une vaste affaire judiciaire. Une enquête ouverte fin 2021 a mis en lumière un dossier sensible, mêlant soupçons de négligence administrative et détournement de terres appartenant à l’État. Au total, 22 cadres sont mis en cause pour avoir failli à leur mission de surveillance des terres agricoles de la plaine de la Mitidja.

Un foncier agricole sous haute surveillance à Blida

Les atteintes aux terres agricoles des plaines de la Mitidja ne relèvent plus de simples débordements isolés. Elles se sont transformées en un phénomène structurel, révélateur de défaillances profondes dans le contrôle du patrimoine foncier de la région.

D’après les éléments de l’enquête, le relâchement des mécanismes de surveillance a ouvert la voie à de multiples irrégularités. Le changement de vocation des terrains publics figure parmi les dérives les plus préoccupantes relevées par les investigateurs.

Une plaine agricole stratégique menacée

La plaine de la Mitidja constitue l’un des bassins agricoles les plus fertiles d’Algérie. Sa préservation représente un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire et l’équilibre économique de toute la région centre.

Pourtant, l’urbanisation sauvage et les constructions illégales grignotent progressivement ces espaces productifs. Chaque parcelle détournée réduit un peu plus le potentiel agricole d’un territoire déjà soumis à une forte pression foncière.

519 infractions recensées en moins d’une décennie

Les investigations ont permis d’identifier 519 manquements commis entre 2015 et 2024. Ces infractions traduisent l’ampleur des atteintes portées au foncier agricole dans la wilaya de Blida durant cette période.

Parmi les cas relevés figurent des bâtiments érigés de manière anarchique et des lotissements résidentiels dépourvus de toute autorisation. S’y ajoutent des transferts illégaux de terres agricoles vers d’autres usages, en violation des règles en vigueur.

Des exploitations agricoles passées au crible

L’enquête a porté sur un territoire particulièrement vaste. Pas moins de 1873 exploitations agricoles réparties sur 22 communes de la wilaya ont été examinées par les services compétents.

Ce travail minutieux visait à établir l’étendue réelle des infractions et à déterminer les responsabilités de chacun. Il met également en évidence le caractère diffus de ces pratiques à travers l’ensemble du territoire concerné.

22 cadres accusés de négligence

Au terme des investigations, 22 responsables se retrouvent au banc des accusés. Il leur est reproché d’avoir manqué à leurs obligations en matière de protection du foncier agricole public.

La justice s’interroge sur le rôle joué par ces cadres dans la multiplication des dérives constatées. Leur passivité présumée aurait facilité, directement ou indirectement, les atteintes répétées au patrimoine foncier de l’État.

Entre carences de contrôle et détournement de vocation

Le dossier révèle une imbrication de facteurs ayant favorisé les irrégularités. La faiblesse des dispositifs de contrôle apparaît comme l’un des éléments centraux de cette affaire.

À cela s’ajoute la modification illégale du caractère agricole de certaines terres publiques. Ces changements de destination, souvent non autorisés, constituent une menace directe pour la vocation nourricière de la Mitidja.

Un enjeu national pour la préservation des terres agricoles

L’affaire de Blida dépasse le cadre strictement local. Elle illustre un défi national lié à la défense du foncier agricole face à l’expansion urbaine et aux appétits spéculatifs.

Les autorités algériennes accordent une attention croissante à la sauvegarde de ces terres. Le renforcement des contrôles et la responsabilisation des cadres administratifs apparaissent désormais comme des priorités incontournables.

Ce dossier judiciaire marque un tournant dans la lutte contre les atteintes au foncier agricole en Algérie. En ciblant à la fois les auteurs des infractions et les responsables chargés du contrôle, la justice envoie un signal fort. La préservation des plaines fertiles de la Mitidja demeure un impératif stratégique pour l’avenir agricole du pays.

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Abdel
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Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.
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