Changement majeur au sommet de la Banque d’Algérie. Le président Abdelmadjid Tebboune a décidé de mettre un terme aux fonctions du gouverneur Salah Eddine Taleb et de confier l’intérim à son vice-gouverneur, Mouatassem Boudiaf. Une décision annoncée officiellement ce dimanche 4 janvier par la Présidence de la République.
Banque d’Algérie : Fin de mandat pour Salah Eddine Taleb
Nommé le 23 mai 2022 en remplacement de Rostom Fadhli, Salah Eddine Taleb quitte ses fonctions après un peu plus de deux ans et demi à la tête de la Banque d’Algérie. Son mandat a été marqué par plusieurs décisions structurantes dans un contexte économique sensible, notamment la gestion de l’allocation touristique et l’encadrement des transactions financières.
En 2025, l’institution a piloté l’entrée en vigueur de la revalorisation de l’allocation touristique, passée de 100 à 750 euros pour les adultes et à 300 euros pour les mineurs, avec un durcissement des conditions d’octroi en décembre face aux abus constatés.
Mouatassem Boudiaf, un profil technocratique pour l’intérim
Pour assurer la transition, le chef de l’État a désigné Mouatassem Boudiaf comme gouverneur intérimaire de la Banque d’Algérie. Vice-gouverneur depuis décembre 2019, il figure parmi les cadres expérimentés de l’institution, aux côtés de Mustapha Abderrahim et Mohamed Benbahane.
Ancien secrétaire général du Conseil de la monnaie et du crédit, Mouatassem Boudiaf a également occupé des fonctions clés dans le secteur financier, notamment comme directeur général du GIE-Monétique et ministre délégué chargé de l’économie numérique en 2016. Un choix qui s’inscrit dans un contexte où la modernisation et la numérisation des systèmes financiers restent un défi majeur pour l’Algérie.
Une sortie marquée par des décisions sensibles
Les dernières semaines du mandat de Salah Eddine Taleb ont été marquées par une mesure controversée : l’interdiction, à partir du 23 décembre 2025, des dépôts en espèces dans les comptes commerciaux. Face aux inquiétudes des opérateurs économiques et au faible usage des paiements électroniques, la Banque d’Algérie a finalement assoupli les modalités d’application pour éviter un blocage du commerce.
Ce changement à la tête de la Banque d’Algérie ouvre une phase de transition stratégique, dans un contexte économique exigeant où stabilité financière et modernisation restent des priorités nationales.