La coopération douanière entre l’Algérie et la Tunisie franchit une nouvelle étape. Les 16 et 17 juillet, à Tunis, les responsables des administrations des deux pays se sont réunis pour adopter des mesures visant à fluidifier le passage aux frontières, accélérer les échanges commerciaux et consolider la sécurité le long de leur ligne de démarcation commune.
Cette rencontre de la commission mixte algéro-tunisienne dédiée à la coopération douanière a été coprésidée par le général-major Abdelhafid Bakhouche, directeur général des Douanes algériennes, entouré d’une délégation de hauts cadres. Les débats se sont concentrés sur des dossiers stratégiques pour deux voisins qui partagent environ 1000 kilomètres de frontière terrestre.
Frontière Algérie – Tunisie : des formalités douanières en pleine modernisation
La simplification des démarches administratives figurait parmi les priorités affichées lors de cette réunion. Les deux parties ont abordé la fluidification de la circulation des personnes, des marchandises et des moyens de transport, tout en renforçant l’entraide entre leurs services.
L’ambition est claire : diminuer les temps d’attente aux postes-frontières, un enjeu crucial pendant la période estivale. Chaque été, les points de passage connaissent en effet une affluence considérable de voyageurs et d’acteurs économiques circulant entre les deux pays.
Une coordination plus étroite devrait aussi dynamiser les flux commerciaux transfrontaliers. Les liens économiques entre Alger et Tunis se densifient d’année en année, ce qui rend indispensable une gestion plus souple des échanges bilatéraux.
Une lutte commune contre la contrebande aux frontières
Les deux délégations ont également insisté sur la nécessité de combattre les réseaux de contrebande, la fraude commerciale et les diverses formes de criminalité transfrontalière. Elles entendent multiplier le partage de renseignements et développer une coordination opérationnelle plus efficace.
Le partage d’expertise entre les deux administrations doit permettre de mieux verrouiller les zones sensibles. L’objectif consiste à sécuriser davantage la frontière algéro-tunisienne sans pour autant freiner les déplacements et les activités légales.
Cette démarche s’inscrit dans une vision partagée : préserver les intérêts économiques des deux nations tout en évitant de pénaliser les usagers ordinaires et les entreprises engagées dans des échanges réguliers.
La formation des douaniers, un axe stratégique du partenariat
En marge des travaux, un accord de jumelage a été paraphé entre l’École supérieure des douanes d’Oran et l’École nationale des douanes de Tunisie. Ce texte prévoit des cursus de formation communs, des échanges d’experts et le partage de bonnes pratiques professionnelles.
L’objectif est de renforcer les compétences des futurs cadres appelés à diriger les services douaniers des deux États. La montée en qualification des agents constitue un pilier essentiel pour accompagner les transformations en cours dans le secteur.
La numérisation au cœur de la modernisation douanière
Alger et Tunis considèrent la formation comme un instrument déterminant pour moderniser leurs administrations. La digitalisation progressive des procédures et l’évolution des méthodes de contrôle imposent une adaptation constante des équipes sur le terrain.
Cette transition numérique promet des contrôles plus rapides et plus fiables aux postes-frontières. Elle s’accompagne d’une professionnalisation accrue des personnels, appelés à maîtriser de nouveaux outils technologiques au quotidien.
Une coopération régionale maghrébine élargie
Cette réunion prolonge la feuille de route arrêtée en janvier 2024, consacrée au développement des territoires frontaliers partagés. Elle traduit une volonté politique de long terme d’intégrer davantage les régions situées de part et d’autre de la frontière.
Le rendez-vous s’inscrit aussi dans une dynamique régionale plus vaste. L’Algérie, la Tunisie et la Libye multiplient les initiatives conjointes pour endiguer le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration clandestine dans l’espace maghrébin.
Cette approche tripartite illustre la volonté des pays d’Afrique du Nord de coordonner leurs efforts sécuritaires. Face à des menaces communes, la mutualisation des moyens apparaît comme la réponse la plus adaptée aux défis frontaliers actuels.
À terme, ces mesures devraient rendre le passage entre l’Algérie et la Tunisie nettement plus fluide, au bénéfice des voyageurs comme des opérateurs économiques. Elles témoignent d’un rapprochement durable entre deux voisins déterminés à concilier sécurité renforcée et facilitation des échanges dans l’ensemble du Maghreb.

