La transition énergétique algérienne franchit un nouveau cap avec le déploiement de plusieurs infrastructures majeures dans le secteur des énergies propres. Un rapport publié par Germany Trade & Invest, l’organisme allemand dédié au commerce extérieur et à l’investissement, met en lumière cette dynamique qui positionne progressivement le pays comme un partenaire énergétique incontournable pour le Vieux Continent. Alors que les hydrocarbures demeurent une ressource stratégique, Alger mise désormais sur une diversification ambitieuse de son mix énergétique.
Une feuille de route ambitieuse pour les énergies propres en Algérie
Les autorités algériennes ont fixé un objectif de 15 gigawatts de capacité installée en énergies renouvelables à l’horizon 2035. Cette ambition s’inscrit dans une vision globale visant à concilier préservation des ressources fossiles destinées à l’export et satisfaction des besoins croissants du marché intérieur. Le développement du secteur solaire constitue le fer de lance de cette stratégie nationale.
Les investissements programmés traduisent une volonté politique marquée de transformer en profondeur le paysage énergétique national. Cette orientation permet également de s’aligner sur les engagements internationaux en matière de lutte contre le changement climatique tout en créant de nouvelles opportunités économiques.
Multiplication des centrales solaires sur le territoire national
Au printemps 2026, deux installations photovoltaïques d’une puissance respective de 200 mégawatts ont été connectées au réseau électrique national. Situées dans les wilayas d’El Meghaier et de Biskra, ces infrastructures illustrent le déploiement territorial de la stratégie solaire. D’ici la fin de l’année 2026, la capacité solaire injectée dans le réseau devrait atteindre 1 400 mégawatts.
Cette progression s’appuie sur les programmes d’adjudication lancés en 2023, représentant une capacité totale de 3 000 MW. En 2025, trois nouveaux contrats ont été signés pour une puissance cumulée de 520 MW. Actuellement, vingt-deux centrales solaires sont en phase de construction avec un degré d’avancement atteignant 40 %.
Ces projets structurants s’inscrivent dans une logique de décentralisation de la production électrique et permettent de valoriser l’important potentiel d’ensoleillement du territoire saharien.
Diminuer la consommation interne de gaz et bâtir une filière industrielle locale
L’un des axes majeurs de la stratégie algérienne consiste à alléger la dépendance au gaz naturel pour la génération électrique domestique. Cette approche vise à libérer davantage de volumes gaziers pour l’exportation tout en garantissant la sécurité énergétique du pays face à une demande intérieure en hausse constante.
Parallèlement, une véritable industrie locale des énergies renouvelables émerge progressivement. Des entreprises nationales se spécialisent désormais dans la fabrication de modules photovoltaïques, l’ingénierie de projets et la construction d’installations solaires. Cette montée en compétence locale constitue un atout pour la pérennité du programme et la création d’emplois qualifiés.
L’énergie éolienne et l’hydrogène vert dans le viseur des autorités
Si le solaire monopolise actuellement l’essentiel des investissements, le potentiel éolien reste largement inexploité. Le pays ne compte à ce jour qu’un seul parc éolien opérationnel dans la wilaya d’Adrar, d’une capacité modeste de 10,2 mégawatts. Une coopération avec la Banque mondiale a été engagée pour évaluer la viabilité de nouveaux projets éoliens.
Dix sites ont été identifiés pour accueillir des installations totalisant 1 000 MW de puissance éolienne. Ces études de faisabilité devraient permettre de diversifier davantage le bouquet énergétique et d’exploiter les zones présentant des profils de vents favorables.
L’hydrogène vert représente également un axe stratégique pour les décennies à venir. Les autorités algériennes envisagent de développer cette filière émergente pour s’imposer comme un producteur majeur sur le marché mondial de cet vecteur énergétique d’avenir, particulièrement demandé pour la décarbonation de l’industrie européenne.
Alger se positionne comme fournisseur énergétique stratégique pour l’Europe
L’ensemble de ces initiatives témoigne d’une ambition claire : devenir un acteur énergétique de premier plan capable de répondre aux attentes du marché européen en quête de sources d’approvisionnement fiables et diversifiées. La proximité géographique et les infrastructures gazières existantes constituent des atouts considérables pour développer de nouvelles synergies avec le continent européen.
Cette transformation du secteur énergétique représente un levier de croissance économique et un facteur de renforcement de l’influence régionale du pays. Dans un contexte mondial marqué par la recherche de sécurité énergétique et de décarbonation, l’Algérie dispose d’opportunités considérables pour valoriser ses ressources naturelles.
La multiplication des projets structurants et l’accélération du calendrier de réalisation illustrent la détermination des pouvoirs publics à concrétiser cette transition. Cette dynamique prépare le pays aux enjeux énergétiques des prochaines décennies et ouvre la voie à une diversification économique indispensable à son développement de long terme.

