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Algérie : récolte céréalière record, la grande mobilisation lancée

by Abdel
26 juin 2026
in Algérie
1
Algérie : des rendements record de blé en plein désert

L’Algérie se prépare à une récolte exceptionnelle de céréales en 2026, portée notamment par une production d’orge inédite. Un signal ne trompe pas : la demande en moissonneuses-batteuses dépasse largement les prévisions. Face à cette abondance, le ministère de l’Agriculture a déclenché une mobilisation générale sur l’ensemble du territoire.

Dans un communiqué publié jeudi, le département de l’Agriculture a annoncé que l’ensemble des moyens humains et matériels disponibles avaient été engagés pour assurer une continuité du service, sept jours sur sept, week-ends et jours fériés compris. L’objectif affiché est clair : garantir le bon déroulement de cette campagne hors norme.

Les Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS), les services agricoles et la société AgroDrive sont tous mobilisés pour accompagner les producteurs. Il s’agit de collecter, transporter et stocker les grains dans les meilleures conditions. Pourtant, malgré le déploiement de plus de 1 100 moissonneuses-batteuses, beaucoup d’agriculteurs manquent encore de matériel pour récolter une moisson qualifiée d’historique.

Une récolte de céréales exceptionnelle qui crée un problème inattendu

Les équipes de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) tournent à plein régime. À Annaba, un responsable confirme que les agents travaillent désormais vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour absorber les volumes.

À Sétif, la situation est plus tendue. Un agriculteur peine à trouver une moissonneuse-batteuse pour son champ d’orge aux épis chargés, déjà fragilisé par un récent orage.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il alerte sur le risque de dégradation de sa parcelle, pointant une coloration noirâtre apparue à la base des plants. Selon lui, ses demandes de location d’engin sont restées sans réponse.

Inquiet après une année entière de labeur, il appelle internautes et autorités à réagir. L’orge, sensible à l’égrenage, supporte mal ce type de retard. Les orages peuvent provoquer une germination sur pied, tandis que les fortes chaleurs accentuent le risque de feux de moisson, notamment près des routes où un simple mégot peut tout embraser.

Location et répartition du matériel agricole sous tension

Pour comprendre ces difficultés, il faut remonter à l’hiver précédent. Après plusieurs années de sécheresse, l’Ouest algérien a renoué avec des pluies abondantes. Les agriculteurs se sont alors rués vers les CCLS pour acquérir des semences certifiées et emblaver un maximum de surfaces.

Dans ces wilayas, là où certains hésitaient encore à poursuivre la culture du blé, les précipitations ont changé la donne. Les semis se sont multipliés entre deux averses, et les pluies régulières ont assuré une moisson généreuse.

Au moment de récolter, malgré l’action de commissions locales chargées de répartir le matériel, les sollicitations affluent. Ce dispositif d’accompagnement avait été décrit en mai 2026 par Benyoussef Derkaoui, directeur général d’AgroDrive, lors d’un entretien à la Radio nationale.

Créée sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune pour renforcer la mécanisation agricole, AgroDrive a acquis 331 moissonneuses-batteuses ainsi que 1 800 tracteurs afin de soutenir le secteur.

Les CCLS submergées par l’afflux d’orge

Ces dernières années, les sécheresses successives avaient poussé certains agriculteurs de l’Ouest à vendre leur matériel de récolte, voire à annuler leurs commandes auprès de l’usine CMA-Sampo de Sidi Bel-Abbès.

Benyoussef Derkaoui pointe d’ailleurs un autre problème : la mauvaise répartition des équipements agricoles à l’échelle nationale, qui complique l’accès aux machines.

Cette saison, l’abondance d’orge et la maturité précoce du blé ont bouleversé les plannings. Alors que l’orge était encore en cours de battage, les producteurs réclamaient déjà du matériel pour le blé.

Dans les centres de collecte récemment construits, camions et remorques se succèdent sans interruption. L’orge, autrefois conservée pour être écoulée sur le marché parallèle, afflue désormais vers les coopératives.

À Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, certains sites d’une capacité de 50 000 quintaux sont déjà remplis à plus de 90 %. Les amas de grains atteignent presque le toit des immenses hangars.

Des godets repoussent sans cesse les céréales en hauteur. Amar Lagra, directeur de la CCLS locale, indique que les camions seront prochainement réorientés vers Aïn Rahmane, où une minoterie offre une capacité de stockage comparable.

Sur place, un technicien prélève des échantillons et les sacs sont vidés un à un. L’agriculteur Abed évoque une moisson exceptionnelle et salue la création de ce nouveau centre. Hamid renchérit : « Avant, on attendait deux à trois jours pour livrer. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. »

Ailleurs, la logistique peine à suivre. L’agriculteur Belkheir publie une vidéo montrant 41 camions en file devant un centre de collecte, immobilisés depuis 48 heures. « On reste là dans la chaleur et la soif », déplore l’un d’eux, expliquant que seuls quatre camions ont été déchargés avant l’attente d’un engin de chantier.

Depuis quelques années, les CCLS assurent gratuitement le transport des récoltes vers leurs silos. Devant l’ampleur des volumes, la mobilisation est totale : la CCLS de Sidi Bel-Abbès a même lancé un appel à toute personne capable de conduire une moissonneuse-batteuse.

Les coopératives sollicitent aussi les engins du secteur privé, dont les tarifs restent supérieurs aux 6 000 DA de l’heure facturés par les entreprises publiques.

L’achat de moissonneuses-batteuses en repli dans l’Ouest

Malgré les aides de l’État, acquérir une moissonneuse-batteuse demeure un investissement lourd. La machine est subventionnée à hauteur de 60 à 70 % de sa valeur réelle. « Une moissonneuse coûte en moyenne 12 millions de DA, mais l’agriculteur ne paie que 30 à 40 % selon le statut juridique de son exploitation », précisait en juin 2025 Ramdane Mansouri, chef du département produit fini PMAT-Centre.

Le coût de l’assurance freine également certains exploitants. En juin 2022, un agriculteur de Tizi-Ouzou évoquait une assurance imposée par la BADR de 400 000 à 500 000 DA tous les deux mois, alors que la machine ne sert qu’environ deux mois par an, durant la moisson-battage.

La fabrication locale sous licence Sampo a permis de rajeunir le parc national. Les premiers modèles affichaient toutefois une largeur de travail limitée à 4,20 mètres. Ramdane Mansouri mise sur de nouveaux modèles, dont le Sampo Comia C10, qui atteint 5,10 mètres de largeur.

Une autre piste consisterait à prolonger la moisson jusqu’en début de nuit, tant que le taux d’humidité des grains le permet. Le président Tebboune avait d’ailleurs rappelé publiquement que les phares des tracteurs n’étaient pas destinés à la chasse nocturne au lièvre.

Cette campagne 2026 restera marquée par une mobilisation sans précédent, autant en moyens qu’en effectifs. Cette récolte exceptionnelle de céréales place l’Algérie face à un défi inédit : transformer une abondance inespérée en réussite logistique et économique durable.

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Comments 1

  1. Mohammed Azzedine RATENI says:
    6 minutes ago

    C’ était l’ une de mes attributions , la collecte des céréales !
    J’espère de tout coeur que la récolte sera en adéquation avec les prévisions.
    Et ce n’est pas une mince affaire que de réceptionner une telle quantité en céréales diverses,
    en un temps aussi court.
    Cela requiert des moyens supérieurs à ceux qui existaient déjà tant dans les moissons, le transport et le stockage. Et espérer que des pluies ne viennent gâcher la moisson-battage et coucher les épis à terre.
    Je suis impatient de connaitre le bilan de la collecte car les prévisions semblent extraordinaires.
    Tous mes souhaits pour la réussite de cette campagne.

    Répondre

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