Le gouvernement algérien met un accent considérable sur l’amélioration du taux d’intégration dans son secteur automobile émergent, le considérant comme un défi crucial à relever.
Groupe de Travail pour un Référentiel D’intégration
Un référentiel détaillé, destiné à calculer avec précision ce taux d’intégration, est actuellement en préparation. Un groupe de travail dédié a été récemment formé par le Premier ministre pour mener à bien cette tâche.
Établi en novembre 2022, le cahier des charges de l’industrie impose que les usines d’assemblage atteignent un taux d’intégration de 40 % dans les cinq ans suivant leur inauguration. L’usine FIAT d’Oran, qui a commencé sa production à la fin de l’année précédente, déclare actuellement un taux de 20 % pour son nouveau modèle, la Fiat Grande Panda, avec un lancement commercial imminent.
Ce mardi, le Premier ministre Sifi Ghrieb a inauguré un groupe de travail intersectoriel chargé de formuler ce référentiel national pour l’intégration dans les secteurs automobile, des autobus et des motocycles.
L’Importance du Nouveau Référentiel
La mise en place de ce référentiel est essentielle pour vérifier que les unités de production s’alignent avec les exigences du cahier des charges. Il doit également permettre aux constructeurs de calculer les taux d’intégration qu’ils réalisent, condition sine qua non pour bénéficier des avantages préférentiels encadrés par la législation spécifique au secteur. Le futur document servira également à établir une base solide pour le développement d’un réseau national de fournisseurs impliqués dans la production de diverses pièces et composantes nécessaires à l’industrie. L’objectif est de hausser progressivement le taux d’intégration des usines, assurant ainsi l’établissement d’une industrie automobile robuste et pérenne.
Encourager la production locale et renforcer le tissu industriel algérien
La révision des méthodes de calcul incitera les constructeurs à produire en Algérie les pièces de rechange vitales, soit directement, soit par l’intermédiaire de sous-traitants. Il s’agit également d’éviter les erreurs antérieures où les taux d’intégration annoncés ne reflétaient pas fidèlement le développement d’un réseau de sous-traitance local. En plus de générer des emplois, cette stratégie contribuera à augmenter le transfert de technologie, à développer les compétences locales, et à diminuer les importations de pièces détachées et de composants.
Début février, le groupe Stellantis a encouragé les fournisseurs italiens de la marque FIAT à s’établir en Algérie pour desservir l’usine de Tafraoui à Oran, provoquant des réactions en Italie. Outre FIAT, les constructeurs Chery et Hyundai ont aussi reçu l’autorisation d’ouvrir des usines en Algérie, a révélé le ministre de l’Industrie le 12 février. Cependant, ces deux marques rencontrent des difficultés liées au foncier industriel. Cinq dossiers ont été soumis pour l’ouverture d’usines de production de véhicules en Algérie, selon le même ministre.