Un Algérien sous notice rouge d’Interpol a été arrêté au Maroc, à l’issue d’une opération menée par les forces de sécurité du royaume. Cette interpellation, déclenchée grâce à des renseignements précis, a mis au jour un réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs. Cinq autres ressortissants algériens ont depuis été appréhendés dans le cadre de l’enquête.
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a fait part de ces arrestations dans une note officielle diffusée le samedi 27 juin 2026. L’intervention s’est déroulée deux jours plus tôt, le jeudi 25 juin, après la transmission d’informations détaillées par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).
L’individu visé en priorité, dont le nom n’a pas été communiqué, était activement recherché par la justice algérienne. Il est soupçonné d’avoir participé à un trafic de stupéfiants orchestré par une organisation criminelle. C’est la fiche rouge émise par Interpol à la demande d’Alger qui a permis de le repérer puis de l’arrêter sur le sol marocain.
Une notice rouge d’Interpol à l’origine de l’arrestation au Maroc
Au moment de son interpellation, les enquêteurs ont retrouvé sur le suspect plusieurs titres de séjour falsifiés. Cette découverte a immédiatement réorienté les recherches vers une structure criminelle plus vaste, dédiée à la production de faux papiers.
La fiche rouge, signal d’alerte international lancé à la requête des autorités algériennes, donne à cette affaire une portée qui dépasse largement les frontières du Maghreb. Ce type de mandat permet aux polices de plusieurs pays de coopérer pour localiser et appréhender les personnes recherchées.
L’arrestation illustre la collaboration sécuritaire entre services au sein de la région nord-africaine, malgré les tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Rabat. Sur le terrain judiciaire, les mécanismes d’Interpol continuent de fonctionner indépendamment du contexte politique.
Cinq complices algériens identifiés dans le réseau de faux papiers
Les recherches conduites par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) ont permis de remonter la filière jusqu’à cinq autres ressortissants algériens. Ces suspects ont été interpellés entre le jeudi 25 et le vendredi 26 juin 2026.
Selon les premiers éléments réunis, ces individus séjournaient illégalement sur le territoire marocain. Ils détenaient notamment des certificats de casier judiciaire délivrés par les autorités algériennes, ainsi que des documents falsifiés rattachés à des entreprises fictives.
Les données préliminaires de l’enquête indiquent que ces pièces servaient à monter des dossiers administratifs frauduleux. L’objectif était d’obtenir des cartes de séjour au Maroc en trompant les services compétents.
Une couverture pour échapper à la justice
Les autorités soupçonnent que ces faux documents permettaient à certains membres du réseau de se soustraire à des poursuites judiciaires internationales. L’instruction cherche désormais à établir si les titres de séjour obtenus ont servi à dissimuler des personnes recherchées hors du royaume chérifien.
Un attirail complet saisi lors des perquisitions
Les fouilles menées par les enquêteurs ont abouti à la saisie de plusieurs passeports étrangers, de dix cachets contrefaits et d’un lot de documents falsifiés. La diversité des pièces récupérées révèle une activité structurée, en mesure de fabriquer des dossiers complets pour les démarches de séjour.
Les policiers ont également mis la main sur un ordinateur portable et plusieurs téléphones mobiles. L’analyse de ces appareils pourrait dévoiler les méthodes de fabrication des faux, l’identité des bénéficiaires et les ramifications du réseau.
Deux voitures ont par ailleurs été placées sous scellés. Un chéquier ainsi que d’importantes sommes d’argent, considérées comme de possibles revenus de ce trafic, figurent aussi parmi les biens confisqués.
Une garde à vue placée sous le contrôle du parquet
Les six suspects algériens ont été retenus en garde à vue, à la disposition des enquêteurs et sous la supervision du parquet compétent. La procédure vise à préciser le rôle de chacun, à reconstituer les flux financiers et à vérifier l’usage réel des documents falsifiés.
Les enquêteurs devront notamment recouper les identités déclarées par les suspects avec les passeports retrouvés et les pièces judiciaires découvertes. Ce travail de vérification est essentiel pour démêler l’ampleur du réseau.
La notice rouge visant le principal mis en cause ajoute une dimension diplomatique et judiciaire à l’affaire. Les autorités marocaines auront à examiner la demande algérienne, les faits de trafic de drogue qui la motivent, ainsi que les éventuelles procédures d’extradition prévues par le cadre légal en vigueur.
Cette opération met en lumière les défis liés à la criminalité transfrontalière dans le Maghreb, où circuits de stupéfiants et réseaux de faux papiers s’entremêlent. La suite de l’enquête déterminera si d’autres individus, au Maroc ou ailleurs, sont liés à cette filière de falsification.