Le braquage d’une bijouterie de luxe parisienne portant sur 2 millions d’euros de bijoux volés connaîtra bientôt son épilogue judiciaire. Un Algérien de 66 ans, connu sous le sobriquet de « braqueur au borsalino », comparaîtra en novembre devant la justice française. Le précieux butin, dérobé au cœur de la place Vendôme, demeure introuvable à ce jour.
Le déroulé du braquage de la bijouterie parisienne
Les faits remontent au 1er août 2023. Ce jour-là, Aïssa Bendjaber franchit le seuil de la joaillerie Piaget, située rue de la Paix, dans le deuxième arrondissement de la capitale. Il est accompagné d’une complice, Madalina T., âgée de 38 ans.
À l’entrée, l’agent de sécurité leur demande de retirer chapeau et lunettes de soleil, conformément au protocole. C’est à ce moment que le sexagénaire dégaine une arme équipée d’un silencieux. Il met alors en joue les cinq salariés présents dans l’établissement.
Sa complice ouvre la porte à un troisième individu, Hamed T., 56 ans, lui aussi armé. Les deux hommes s’emparent de 32 pièces de haute joaillerie. Le préjudice total dépasse les 2 millions d’euros selon les premières estimations.
Une fuite compromise par une panne mécanique
Un quatrième participant patiente à l’extérieur, installé sur un scooter BMW muni d’une plaque d’immatriculation trafiquée. Mais au moment décisif, le deux-roues refuse de démarrer. Contraints d’improviser, les malfaiteurs abandonnent l’engin et prennent la fuite à pied.
Une enquête qui remonte rapidement jusqu’au suspect
Les investigations sont confiées à la brigade de répression du banditisme. Les enquêteurs parviennent rapidement à identifier Aïssa Bendjaber comme figure centrale de l’opération. Au total, sept personnes sont interpellées durant l’automne 2023.
Mis en examen le 3 octobre suivant, le principal suspect passe aux aveux durant sa garde à vue. Il reconnaît sa participation au braquage de la bijouterie. Toutefois, il choisit de garder le silence concernant le sort réservé aux joyaux dérobés.
Le parcours d’un multirécidiviste, de Saint-Denis aux quartiers huppés
Né en Seine-Saint-Denis d’un père maçon d’origine algérienne et d’une mère allemande, Aïssa Bendjaber grandit dans une fratrie de huit enfants. Son enfance se déroule dans un dénuement total. Durant ses dix premières années, il vit dans un pavillon dépourvu d’eau courante et d’électricité.
Au cours des années 1970, sa famille s’installe au Franc-Moisin, une cité HLM de Saint-Denis. À l’âge de 14 ans, il quitte définitivement les bancs de l’école. Sa trajectoire bascule alors vers la délinquance.
Placé en maison de redressement à 15 ans, il connaît sa première incarcération en 1975 pour un cambriolage. Cinq années plus tard, l’attaque d’une banque lui vaut sept ans de détention. À sa libération en 1985, il tente de se réinsérer : il travaille, dirige un restaurant et fonde une famille de trois enfants.
Le retour aux braquages de bijouteries
Malgré cette tentative de rédemption, le grand banditisme finit par le rattraper. Surnommé « le braqueur au borsalino » en raison du chapeau qui l’accompagne, il est condamné à trois reprises pour des attaques de commerces de joaillerie.
Il purge une peine de huit ans en 2011, puis une nouvelle sanction en 2019. En septembre 2023, la justice lui inflige douze ans de réclusion pour un braquage à 6 millions d’euros commis en 2016 chez Chopard, également sur la place Vendôme.
Libéré en octobre 2021, il aurait alors confié vouloir réaliser un « dernier coup ». Au fil de sa carrière criminelle, cet homme a passé plus de vingt-deux ans derrière les barreaux.
Un procès attendu pour des bijoux toujours disparus
Aïssa Bendjaber comparaîtra le 9 novembre 2026 devant la cour d’assises de Paris. Il sera jugé aux côtés de ses six complices présumés dans cette affaire de vol à main armée.
Récemment, il s’est présenté devant la chambre de l’instruction de Paris pour une audience portant sur la prolongation de sa détention. Sa demande de remise en liberté a été rejetée par les magistrats.
Le mystère demeure entier quant au sort des 32 pièces de joaillerie. D’après les éléments recueillis par les enquêteurs, le suspect aurait enfoui les bijoux dans un parc de la région parisienne. Ils auraient ensuite été acheminés vers Anvers, sans jamais réapparaître.
Ce braquage spectaculaire illustre la persistance des attaques ciblant les enseignes de luxe parisiennes. Le procès de novembre pourrait apporter de nouveaux éclairages, mais la localisation exacte du trésor volé risque de rester une énigme durable pour la justice.
