Sur le marché noir des devises en Algérie, l’euro connaît une phase d’accalmie après une période agitée. En ce dimanche 11 octobre 2026, la monnaie unique européenne conserve des niveaux voisins de ceux observés les jours précédents, portée par une demande irrégulière. Plusieurs éléments, dont les crispations internationales et les besoins des voyageurs, pèsent sur les transactions informelles.
La cotation de l’euro affiche une certaine constance sur le circuit parallèle des changes ce 11 octobre 2026. Au Square Port-Saïd, à Alger, haut lieu du troc de devises informel, les cambistes affichent 100 euros à 27 600 dinars algériens à la vente, ce qui revient à 276 dinars pour une seule unité.
Côté achat, la devise européenne se négocie à 27 350 dinars pour 100 euros, soit l’équivalent de 273,50 dinars l’unité. La marge séparant le prix d’achat de celui de vente se chiffre donc à 250 dinars pour chaque tranche de 100 euros échangée.
Ces relevés traduisent un retour au calme sur le marché informel, après les mouvements répétés constatés durant les dernières semaines. Les valeurs demeurent dans la continuité de celles de la fin de semaine écoulée.
Certaines mesures signalent toutefois un léger repli, de l’ordre de 0,50 dinar par euro, comparativement au jeudi 8 octobre. Un ajustement minime qui confirme la tendance à la stabilisation.
Pourquoi l’euro se stabilise-t-il face au dinar algérien ?
Ce palier du cours de l’euro survient dans un climat marqué par les frictions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces tensions pèsent directement sur les déplacements à l’étranger et, par ricochet, sur l’appétit pour les monnaies étrangères.
Les zones d’ombre entourant la situation régionale touchent particulièrement le tourisme religieux. Plusieurs agences spécialisées dans l’organisation de la Omra en Arabie saoudite auraient allégé leurs acquisitions d’euros et de dollars sur le circuit parallèle.
Un changeur établi à Béjaïa confirme cette prudence. Selon lui, les opérateurs touristiques freinent leurs réserves de devises, redoutant une montée des hostilités au Moyen-Orient susceptible de bouleverser leurs programmes.
Ce recul des commandes contribue à atténuer la pression sur le marché informel, où les prix fluctuent au gré des volumes de billets disponibles et des attentes des acheteurs. Un équilibre fragile entre offre et besoins immédiats.
Parmi les protagonistes de ce circuit figurent les voyageurs, les commerçants et les particuliers en quête de monnaies étrangères. Leurs démarches rythment l’activité quotidienne des places de change informelles du pays.
Euro en Algérie : un fossé persistant avec le taux officiel
Malgré cette période de répit, la distance entre les tarifs du marché noir et ceux appliqués par les établissements bancaires reste considérable. L’écart demeure un marqueur structurel de l’économie des changes en Algérie.
D’après les données officielles de la Banque d’Algérie, un euro s’établissait autour de 150,92 dinars le 8 octobre 2026. Sur le circuit parallèle, la même unité se vendait à 276 dinars le 11 octobre.
La différence culmine ainsi à près de 125 dinars pour un seul euro. Rapportée à 100 euros, elle franchit la barre des 12 500 dinars entre les deux marchés, selon ces estimations indicatives.
Un double marché aux dynamiques opposées
Ce décalage persistant illustre la coexistence de deux systèmes parallèles aux logiques distinctes. D’un côté, le taux officiel encadré par les autorités monétaires ; de l’autre, un marché informel dicté par la rareté et la demande réelle.
Pour de nombreux Algériens, le recours au circuit parallèle s’impose comme une solution face aux limites imposées par les banques. Les plafonds d’allocation touristique en devises alimentent en effet cette activité souterraine.
Les besoins liés aux voyages, aux études à l’étranger ou encore aux achats effectués hors du territoire poussent une partie des particuliers vers ces échanges informels, en dépit des tarifs nettement plus élevés.
En définitive, l’euro affiche une relative sérénité sur le marché noir algérien, soutenu par une demande modérée et un contexte géopolitique incertain. Reste à savoir si cette stabilité tiendra dans les semaines à venir, alors que l’écart avec le taux officiel continue d’alimenter les débats sur la politique de change du pays.


