Étudier en France devient de plus en plus coûteux pour les étudiants algériens, qui rejoignent chaque année par milliers les bancs des universités hexagonales. De nouvelles mesures adoptées par le gouvernement français viennent en effet alourdir considérablement la facture, dès la prochaine rentrée universitaire.
Frais d’inscription, titres de séjour, hébergement : tous ces postes de dépenses sont concernés par des réformes désormais officiellement entrées en vigueur. Deux décrets parus cette semaine au Journal officiel français confirment cette orientation, qui risque de fragiliser de nombreux projets d’études.
Suppression de l’APL pour les étudiants algériens et extra-européens
Premier coup dur sur le plan du logement. À compter du 1er juillet, les étudiants non européens et non boursiers ne pourront plus prétendre aux aides personnalisées au logement, communément appelées APL.
Cette disposition découle d’un décret publié le dimanche 28 juin au Journal officiel. Le texte indique vouloir « limiter l’accès au droit à une aide personnelle au logement pour les étudiants extra-communautaires ».
Les organisations étudiantes ont vivement réagi à cette décision. Selon elles, le budget mensuel des étudiants étrangers se trouvera réduit de 150 à 250 euros, alors que l’APL représentait l’une des rares aides financières dont ils bénéficiaient encore.
Un manque à gagner difficile à compenser
Pour de nombreux jeunes Algériens installés en France, cette suppression complique sérieusement l’équilibre financier. Le logement constituant souvent le premier poste de dépense, la perte de cette aide pèsera lourdement sur leur quotidien.
Des ressources financières revues à la hausse pour le titre de séjour étudiant
Au-delà de l’hébergement, un second décret publié le même jour modifie les conditions d’obtention du titre de séjour étudiant. Le texte prévoit le relèvement et l’indexation du montant minimal de ressources exigé.
Concrètement, tout ressortissant d’un pays tiers souhaitant être admis au séjour pour motif d’études devra désormais justifier d’un revenu plus élevé. Cette exigence s’inscrit dans le durcissement progressif des règles migratoires liées aux études.
À partir du 1er août, date d’application effective de cette mesure, le seuil minimal de ressources est fixé à 47 % du SMIC brut. Une barre nettement plus haute que celle pratiquée jusqu’à présent.
En clair, les candidats devront prouver qu’ils disposent d’environ 870 euros par mois pour décrocher un titre de séjour portant la mention « étudiant », contre 615 euros auparavant. Un montant que beaucoup d’aspirants aux études en France ne pourront pas garantir.
Des droits d’inscription en forte hausse pour les étudiants étrangers
Ces nouvelles charges s’ajoutent à une mesure déjà annoncée en avril dernier par les autorités françaises. Il s’agit de l’augmentation des droits d’inscription universitaires pour les étudiants étrangers, dont les Algériens.
Pour les inscriptions en licence, les frais grimperont à 2 902 euros par an dès la prochaine rentrée. À titre de comparaison, les étudiants français et européens ne paient que 178 euros pour le même cursus.
En master, l’écart se creuse davantage encore. Les étudiants extra-européens devront s’acquitter de 3 950 euros, là où les ressortissants nationaux et communautaires ne déboursent que 254 euros actuellement.
Le doctorat épargné par les frais différenciés
Seul le doctorat échappe à ce système de tarifs majorés. Les frais d’inscription annuels y restent fixés à 398 euros, soit le même niveau que celui appliqué aux étudiants de l’Union européenne.
Un cumul de contraintes qui pèse sur les projets d’études en France
Pris séparément, chacun de ces dispositifs représente déjà un obstacle financier notable. Mais c’est leur addition qui inquiète le plus les futurs étudiants algériens et leurs familles.
Entre la perte de l’APL, le relèvement des ressources exigées pour le titre de séjour et l’envolée des droits d’inscription, le coût global d’une scolarité en France atteint des sommets. Pour de nombreux candidats issus du Maghreb, la destination devient tout simplement inaccessible.
Ces réformes pourraient ainsi redessiner la carte des choix de mobilité étudiante au départ de l’Algérie. D’autres pays, aux conditions financières plus souples, risquent désormais d’attirer une partie de ces jeunes en quête de formation supérieure.
Reste à mesurer l’ampleur réelle de ces changements sur les flux d’inscriptions dans les prochaines années. Si la France demeure une destination prisée, son attractivité auprès des étudiants algériens dépendra largement de leur capacité à absorber ces nouvelles dépenses.