La formation militaire algérienne à l’ère de la guerre moderne était au cœur du discours prononcé à l’Académie interarmes de Cherchell. Le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), y a martelé l’importance de maîtriser les drones, l’intelligence artificielle et la cyberdéfense. Une visite intervenue à la veille de la cérémonie officielle présidée par le président Abdelmadjid Tebboune.
À Cherchell, un enjeu majeur autour des drones et des nouvelles technologies
Le président Abdelmadjid Tebboune a présidé, jeudi 9 juillet, la traditionnelle cérémonie de sortie des promotions de l’Académie interarmes de Cherchell. Ce rendez-vous annuel demeure un moment fort du calendrier institutionnel de l’armée algérienne.
La veille de cet événement, le général d’armée Saïd Chanegriha s’était rendu dans cet établissement, considéré comme la plus prestigieuse académie militaire du pays. Il y a insisté sur l’appropriation des instruments de la guerre contemporaine.
Parmi ces outils, le chef d’état-major a cité en priorité les drones, l’intelligence artificielle ainsi que la cyberdéfense. Ces domaines représentent désormais des leviers stratégiques pour toute armée moderne.
Un système de formation militaire présenté comme un modèle d’excellence
Le responsable militaire, qui occupe également le poste de ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, a salué le rayonnement de l’établissement. Il a évoqué son prestige, la solidité de son image et la qualité de ses diplômés.
Selon lui, l’Académie de Cherchell reflète pleinement le degré d’excellence atteint par le dispositif de formation de l’armée algérienne. Cette réputation dépasserait, à ses yeux, les frontières nationales pour s’imposer à l’international.
Ce niveau, a-t-il précisé, découle de l’attention permanente portée par le Haut commandement de l’ANP au secteur de l’enseignement militaire. Cet engagement s’inscrit, a-t-il ajouté, dans le prolongement des orientations du chef suprême des Forces armées.
Drones, IA et cyberdéfense : les priorités de la formation à Cherchell
Le général Chanegriha a détaillé les missions fondamentales assignées à l’Académie interarmes. Celles-ci consistent à former des officiers dotés de compétences pointues, d’une discipline rigoureuse et d’une réelle faculté d’adaptation.
Cette capacité d’adaptation vise notamment les mutations rapides du champ de bataille. Les diplômés doivent, selon lui, assimiler les tactiques de combat les plus récentes et couvrir l’ensemble des disciplines militaires.
Le chef d’état-major a insisté sur l’exploitation des technologies avancées dans la formation des futurs officiers. Il a rappelé la montée en puissance des drones, de la guerre électronique, de la cyberdéfense et de l’intelligence artificielle.
Des technologies devenues incontournables sur les théâtres d’opérations
Pour le responsable militaire, ces innovations constituent aujourd’hui des composantes essentielles des conflits contemporains. Elles transforment en profondeur la manière de concevoir la défense et la conduite des opérations.
La maîtrise de ces outils apparaît ainsi comme une condition indispensable pour préparer les officiers algériens aux défis sécuritaires futurs. L’accent mis sur les drones et l’IA traduit une volonté d’ancrer l’armée dans une logique de modernisation continue.
Chanegriha rappelle la lutte de l’Algérie contre le terrorisme
Lors de la cérémonie de jeudi, le chef d’état-major a évoqué les lourdes épreuves traversées par l’Algérie durant les années de violence. Il a rappelé les sacrifices consentis pour préserver le pays d’un « projet obscurantiste ».
Le général a rendu hommage aux militaires qui, selon lui, poursuivent une « marche victorieuse » dans le sillage de leurs prédécesseurs. Ces hommes auraient, dans un passé récent, œuvré à protéger l’État, son caractère républicain et sa dimension démocratique.
Il a affirmé que l’armée et les services de sécurité étaient parvenus à défaire ce qu’il a qualifié de « terrorisme barbare ». Cette victoire aurait permis, d’après lui, de contrer une idéologie étrangère aux valeurs nationales.
Le responsable militaire a estimé que ce combat avait failli ébranler les fondements de l’État algérien. Sans la détermination des forces armées et sécuritaires, la stabilité du pays aurait, selon ses propos, été gravement compromise.
À travers ce discours, le commandement de l’ANP réaffirme sa volonté de conjuguer héritage historique et modernisation technologique. L’insistance sur les drones, l’intelligence artificielle et la cyberdéfense illustre la trajectoire choisie pour l’avenir de la défense algérienne. Une orientation destinée à préparer les nouvelles générations d’officiers aux réalités changeantes des conflits modernes.
