La sidérurgie algérienne franchit un cap majeur en se hissant au troisième rang des producteurs arabes d’acier, selon une étude récente de la plateforme de recherche Attaqa. Avec une capacité opérationnelle annuelle de 8,7 millions de tonnes, le pays confirme sa montée en puissance dans un secteur stratégique pour l’économie régionale. Cette performance illustre la transformation progressive d’un marché longtemps importateur en acteur industriel régional de référence.
Le podium de la production d’acier dans la région MENA
L’Égypte conserve la première position du classement arabe avec une capacité de production de 15,6 millions de tonnes par an. Le royaume saoudien occupe la deuxième marche avec 12 millions de tonnes annuelles. L’Algérie devance ainsi les Émirats arabes unis, dont les installations permettent de produire 5,1 millions de tonnes, et le Maroc qui affiche 3,3 millions de tonnes de capacités.
Ces chiffres révèlent une redistribution des forces industrielles dans le bassin méditerranéen et moyen-oriental. Le secteur sidérurgique maghrébin connaît une dynamique de croissance soutenue, portée par les investissements publics et privés dans les infrastructures de production.
La transformation du modèle industriel algérien
Le positionnement de l’Algérie témoigne d’une mutation profonde de son tissu industriel. Le pays ne joue plus uniquement le rôle de débouché commercial pour les producteurs étrangers. Il s’affirme désormais comme fournisseur capable de répondre aux besoins des secteurs du bâtiment, des travaux publics, de l’énergie et de la fabrication mécanique.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie de diversification économique visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures. L’industrie lourde devient un pilier complémentaire de l’économie nationale, créant emplois qualifiés et valeur ajoutée locale.
Une technologie de production axée sur l’électricité
L’ensemble des capacités sidérurgiques algériennes repose exclusivement sur les fours à arc électrique. Cette technologie se distingue des procédés conventionnels utilisant des fours à oxygène basique, historiquement alimentés au charbon. Elle offre une souplesse opérationnelle accrue et permet une adaptation plus rapide aux variations de la demande.
Ce choix technologique n’est pas isolé dans le monde arabe. Les dix premiers producteurs régionaux privilégient massivement cette méthode de fabrication. Cette orientation commune distingue le modèle industriel arabe des standards mondiaux encore largement dominés par les procédés traditionnels.
Le poids régional face aux capacités mondiales
Les dix principaux pays arabes producteurs d’acier totalisent ensemble plus de 59 millions de tonnes de capacités annuelles. Ce volume représente approximativement 2,7 % des capacités opérationnelles mondiales, évaluées à 2,216 milliards de tonnes en 2026. La marge de progression reste donc considérable pour les acteurs régionaux.
À l’échelle planétaire, les fours à oxygène basique concentrent toujours 66 % des capacités, soit 1,44 milliard de tonnes par an. Les installations à arc électrique atteignent 727 millions de tonnes, représentant 34 % du total mondial. Cette montée en puissance reflète une tendance globale vers des procédés moins carbonés et plus durables.
Les enjeux stratégiques pour l’Algérie
Cette troisième place constitue un atout majeur pour le développement national. Une industrie sidérurgique robuste permet de sécuriser l’approvisionnement des grands projets d’infrastructure publics et privés. Elle favorise également la substitution aux importations, réduisant ainsi la facture commerciale et préservant les réserves de devises.
Les perspectives d’évolution passent désormais par la montée en qualité. La diversification de la gamme de produits, la régularité des standards de fabrication et l’intégration accrue des fournisseurs locaux représentent les prochains défis. Le développement d’une capacité d’exportation stable vers les marchés voisins apparaît également comme un objectif réaliste à moyen terme.
L’industrie sidérurgique algérienne confirme donc sa trajectoire ascendante dans le paysage régional. Son modèle technologique moderne et ses capacités croissantes en font un acteur incontournable du secteur dans la zone MENA. Les prochaines années détermineront sa capacité à transformer ce potentiel en leadership qualitatif durable.
