À l’approche de l’Aïd al-Adha 2025, les autorités algériennes limitent le transport de certaines races animales pour protéger la santé du cheptel et éviter les spéculations sur les prix.
Aïd al-Adha 2025 : Une régulation préventive pour la fête du sacrifice
À quelques mois de l’Aïd al-Adha 2025, la wilaya de Ouargla a pris une décision inédite : interdire le transport de certaines races de bétail vers les régions du nord de l’Algérie. Cette mesure vise à contenir les risques sanitaires liés aux déplacements non contrôlés de cheptel. L’arrêté n°641, signé le 25 mars, concerne spécifiquement les moutons de race Sidaoun, les bovins Derbani et le buffle africain. Des postes de contrôle ont été installés pour surveiller les axes de transport en provenance du sud.
Outre l’aspect sanitaire, cette décision s’inscrit dans une logique de stabilisation du marché à l’approche d’une période où la demande explose. Les autorités veulent prévenir toute flambée des prix dans les grandes villes du nord, souvent alimentée par une spéculation excessive sur les marchés du mouton à l’approche de l’Aïd.

Un équilibre fragile entre protection sanitaire et régulation du marché
Certaines des races concernées par cette restriction sont jugées plus vulnérables à des pathologies susceptibles de se propager en cas de mobilité incontrôlée. En cas d’infraction, les animaux saisis seront abattus et détruits. Les services vétérinaires sont mobilisés pour effectuer les contrôles nécessaires.
Du côté économique, les éleveurs du sud s’inquiètent d’un risque de saturation de l’offre locale, ce qui pourrait entraîner une baisse des prix dans leurs régions. En parallèle, les consommateurs urbains redoutent une hausse des prix due à une offre restreinte. Face à cette tension, l’État a multiplié les efforts : extension des surfaces fourragères, facilitation de l’accès à l’orge subventionnée, intensification des campagnes vétérinaires… Autant d’initiatives pour soulager une filière ovine fragilisée par la sécheresse et l’inflation.