Algérie–France : le dialogue relancé porte ses premiers résultats. Coopération migratoire et sécuritaire au cœur d’un rapprochement encore fragile.
Le regain de dialogue entre l’Algérie et la France
Le dialogue entre Alger et Paris, relancé par Laurent Nunez, a atteint un nouveau tournant, suggérant une possible résolution à une crise sans précédent entre les deux nations. Suite à la visite jugée « positive » du ministre français de l’Intérieur à Alger les 16 et 17 février, Paris a officiellement reconnu, le 24 mars, que les échanges récemment repris avec l’Algérie commencent à porter leurs fruits. Cette déclaration a été faite par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le chef de la diplomatie française a précisé à l’AFP : “Nous constatons des premiers résultats qui se manifestent et se développent”, en rapport avec un “dialogue exigeant sur les questions migratoires et sécuritaires avec l’Algérie”.
Une coopération sécuritaire et migratoire relancée
Cette annonce survient moins de quarante jours après la mission à Alger de Laurent Nunez, qui a permis de raviver la collaboration sécuritaire et migratoire entre les deux pays, après une crise politique inédite de plus d’un an et demi. Le 15 mars, Barrot a eu un échange téléphonique avec son homologue algérien, Ahmed Attaf, marquant un retour à la communication entre les deux ministres depuis leur rencontre lors du sommet du G20 à Johannesburg en novembre dernier. Cet échange envoie un signal positif de normalisation des relations.
Résultats des discussions entre l’Algérie et la France
En évoquant la visite de son collègue de l’Intérieur à Alger, Barrot a souligné que la France a exprimé plusieurs attentes, notamment concernant les reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une coopération des autorités algériennes dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et des reconduites à la frontière.
Barrot a précisé que pour faciliter ces reconduites, il est essentiel que les autorités consulaires algériennes en France délivrent les laissez-passer consulaires requis. Il a également mentionné que certains consulats d’Algérie en France allaient recevoir ou ont déjà reçu leur agrément, ajoutant que le ministère de l’Intérieur s’emploie à cette fin avec le ministère des Affaires étrangères.
Le refus de délivrer des agréments aux nouveaux consuls algériens en France fait partie des mesures mises en place par un ancien ministre de l’Intérieur dans le cadre de sa stratégie de « rapport de force » avec l’Algérie. De plus, la partie française a signalé des difficultés à traiter les demandes de visas en raison d’un manque d’agents consulaires, soulignant que l’agrément des consuls est vital pour la reprise des auditions consulaires qui précèdent la délivrance des laissez-passer.
