Kamel Daoud, écrivain franco-algérien acclamé, fait face à une condamnation en Algérie liée à l’affaire Saâda Arbane. La justice algérienne a clarifié les poursuites le concernant. Voici un compte rendu détaillé de cette affaire.
Le Contexte de la Condamnation
Le mercredi 22 avril, Kamel Daoud, reconnu pour son prix Goncourt de 2024, a révélé avoir été condamné par le tribunal d’Oran à une peine de prison de trois ans ainsi qu’à une amende significative de 5 millions de dinars. La condamnation, selon Daoud, s’appuie sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il critique cette décision, la qualifiant de procès politique, et ne mentionne pas son roman « Houris » qui relate, sans l’accord de la principale concernée, l’histoire de Saâda Arbane, une rescapée d’une attaque terroriste.

Réaction du Parquet d’Oran
Le procureur général adjoint du tribunal d’Oran, Boumediene Zeroual, a réagi aux déclarations de Kamel Daoud en révélant des éléments cruciaux de cette affaire. Daoud est visé par deux plaintes, l’une de Saâda Arbane et l’autre de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme. Zeroual précise que ces poursuites ne sont pas initiées par le parquet mais bel et bien par les victimes. Il a également rappelé que la loi permet à toute victime de déposer une plainte civile indépendamment du parquet.
Détails du Procès et Possibilités d’Appel
L’enquête concernant Kamel Daoud s’est étalée sur plus d’un an, ce dernier ayant eu des occasions de présenter sa défense. Le procès, tenu au tribunal de Fellaoucène, a abouti à une condamnation par contumace, pour laquelle Daoud fait face à la peine légale minimale. En plus de la peine de prison, il a été condamné à payer une amende de 300 000 dinars algériens et des dommages-intérêts à l’Association des victimes du terrorisme.
Le procureur général adjoint rappelle que Daoud conserve le droit de faire appel, ce qui pourrait annuler le verdict. Le second procès pour des infractions similaires est également en cours suite à une plainte de Saâda Arbane. L’affaire Kamel Daoud continue de susciter des débats intenses en Algérie. Alors que l’auteur est confronté à des accusations sévères, la réponse judiciaire souligne la complexité des poursuites pénales dans ce contexte. Il reste à voir si un appel sera déposé et quelle en sera la suite.