En avril 2026, le Fonds monétaire international a diffusé ses prévisions économiques mondiales pour les prochaines années, s’étendant jusqu’à 2031. Dans l’ensemble africain, l’Algérie se maintient au quatrième rang parmi les puissances économiques, mais elle affiche un rythme de croissance parmi les plus lents du Top 10.
Avec une augmentation de 14,67 % en six ans, l’Algérie se retrouve loin derrière des pays comme l’Éthiopie, projetée à une accélération de 122 %, ou encore l’Égypte avec 83 %. Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui se sont déroulées à Washington du 13 au 18 avril 2026, ont permis d’actualiser ces trajectoires économiques au niveau mondial.
Classement économique de l’Algérie en Afrique
En 2025, le produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie était évalué à 285,72 milliards de dollars. Cela classe le pays après l’Afrique du Sud (427 milliards) et l’Égypte (365 milliards), mais avant le Nigeria (290 milliards). Cependant, la situation change dès 2026, avec un Nigeria dont le PIB devrait atteindre 377 milliards de dollars, contre une Algérie qui stagne à 317 milliards. En 2031, cet écart se creusera encore, le Nigeria atteignant 496 milliards tandis que l’Algérie augmentera de façon beaucoup plus modeste à 328 milliards.
Cette faible croissance de 14,67 % sur six ans, soit une augmentation de 42 milliards de dollars, constitue la progression la plus lente parmi les dix économies africaines les plus importantes. En comparaison, l’Éthiopie prévoit une croissance de 122 %, la République démocratique du Congo 89 % et l’Égypte 83 %. Selon les projections du FMI, voici le classement des économies africaines en 2031 :
1. Égypte — 666 milliards de dollars
2. Afrique du Sud — 578 milliards de dollars
3. Nigeria — 496 milliards de dollars
4. Algérie — 328 milliards de dollars
5. Maroc — 283 milliards de dollars
6. Éthiopie — 243 milliards de dollars
7. Kenya — 196 milliards de dollars
8. Angola — 180 milliards de dollars
9. RD Congo — 175 milliards de dollars
10. Côte d’Ivoire — 170 milliards de dollars
Facteurs impactant la croissance de l’Algérie
La dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures influence grandement sa trajectoire économique. En effet, plus de 95 % des recettes d’exportation et 45 % des ressources budgétaires du pays proviennent du pétrole et du gaz. Tant que cette dépendance persiste, la croissance du PIB restera corrélée aux fluctuations des prix du baril sur le marché global. Une autre question importante concerne le calcul du PIB. Les autorités ont recalculé leurs statistiques pour inclure le secteur informel, gonflant ainsi les données officielles.
Par ailleurs, le taux de change officiel place le dinar à 132,29 pour un dollar américain, alors qu’au marché parallèle, il en faut environ 238. En réévaluant le PIB selon ce taux parallèle, l’économie algérienne vaut 158 milliards de dollars en 2025, un chiffre bien inférieur aux données officielles. Sur la période allant de 2026 à 2031, les données du FMI ne révèlent pas de diversification notable en dehors des hydrocarbures, laissant toujours le pays à la merci de ce secteur.
L’instabilité internationale agit également comme un frein. Le conflit au Moyen-Orient perturbe le transit des hydrocarbures à travers le détroit d’Ormuz, essentiel pour plus de 20 % du pétrole mondial. Pour un pays qui dépend quasi exclusivement des exportations énergétiques, cette incertitude représente un facteur difficile à prévoir pour les cinq années à venir.
