Lors de sa récente visite en Algérie en janvier, Ségolène Royal a clairement indiqué que les dysfonctionnements dans les relations entre Alger et Paris devraient être attribués à l’attitude française. La présidente de l’association France-Algérie (AFA) a même souligné l’importance de comparer les relations d’Algérie avec ses voisins européens, qui sont bien meilleures, notamment avec l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique.
Diplomatie énergétique avec l’Europe
Peu après les déclarations de Royal, plusieurs pays européens ont profité de leurs liens amicaux avec Alger, particulièrement dans le contexte actuel de crise énergétique mondiale. Des leaders comme la présidente du Conseil italien et le ministre espagnol des Affaires étrangères ont fait des visites à Alger pour sécuriser des approvisionnements en gaz, essentiels pour atténuer les conséquences de la crise énergétique exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Récemment, le ministre algérien des Affaires étrangères a rencontré son homologue belge à Bruxelles, soulignant l’excellente coopération entre le pays de Tebboune et la Belgique, centrée sur des intérêts énergétiques mutuels. Un accord crucial a été signé concernant la libre circulation des détenteurs de passeports diplomatiques, remettant en question les faiblesses dont certains en France pensaient disposer en matière de contrôle de l’immigration clandestine.
Le statut stratégique de l’Algérie sur la scène internationale
Dans un monde marqué par des tensions, la position du pays de Tebboune comme fournisseur d’énergie fiable a été renforcée. La décision de la France de changer sa position sur le dossier sahraoui en 2024 a été critiquée par de nombreux observateurs comme étant un choix erroné, surtout en comparaison avec la position d’autres pays comme les États-Unis ou l’Espagne qui ont réussi à naviguer ces sujets sans crises majeures avec l’Algérie.
La perception en Algérie est que la France a choisi de soutenir le Maroc dans ce qui est perçu comme une provocation, en particulier au moment où les tensions étaient déjà élevées dans la région. La reconnaissance par Macron de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental a suscité de vives critiques et est considérée comme un peu trop influencée par des groupes pro-marocains et des éléments hostiles à l’Algérie.
Les avertissements non écoutés et la dynamique régionale

Dans ce contexte complexe, Macron avait été prévenu par le président algérien de l’erreur que représentait ce choix, recevant un conseil qui, visiblement, n’a pas été pris au sérieux. La déclaration de Tebboune selon laquelle cette décision ne rapportera rien à la France et pourrait entraîner une perte de leur influence sur l’Algérie a résonné. La tentative de mener une politique ambivalente entre l’Algérie et le Maroc a démontré sa difficulté, en raison des rivalités historiques et des liens forts que la France entretient avec les deux nations.