Le Département du Commerce des États-Unis a terminé son investigation portant sur le soutien financier accordé à l’acier algérien. Les résultats révèlent un taux de subvention élevé pour les barres d’armature en acier destinées au béton en provenance d’Algérie. Cette constatation pave la voie à l’imposition d’une taxe douanière substantielle sur ces produits algériens, qualifiée de « droits compensateurs« .
Résultats de l’enquête et implications
La décision finale a été publiée le 26 mars sur le site officiel du Département du Commerce. Ce dernier a affirmé avoir établi, « sur la base des éléments disponibles« , que les barres en acier fabriquées par Tosyali ainsi que celles d’autres producteurs algériens sont subventionnées à hauteur de 72,94 %. Parallèlement, la Commission du Commerce International (ITC) a annoncé qu’elle conduisait des enquêtes sur les éventuels préjudices causés, selon les mêmes sources. La plainte dans cette affaire émane de l’organisation représentant les producteurs d’acier américains, la Rebar Trade Action Coalition, ainsi que de plusieurs de ses membres, parmi lesquels figurent des sociétés telles que Byer Steel Corporation, Commercial Metals Company, Gerdau Ameristeel US Inc., Nucor Corporation, Optimus Steel LLC, et Steel Dynamics Inc.
Autres enquêtes en cours sur l’acier algérien
Le Département du Commerce souligne également qu’une enquête antidumping est en cours sur les barres d’armature en acier pour béton en provenance d’Algérie. Le 17 décembre dernier, le Département avait indiqué que cette enquête avait révélé un taux de dumping de 127,32 % pour les produits de Tosyali Algérie et d’autres opérateurs algériens. Contrairement aux subventions, qui représentent une assistance directe ou indirecte des gouvernements aux producteurs, le dumping consiste à vendre des produits à l’extérieur à des prix inférieurs à ceux du marché national, parfois même en deçà du coût de production.
Ces conclusions, répétées à l’échelle des enquêtes, pourraient mener à une majoration des taxes appliquées sur l’acier algérien entrant sur le sol américain. Les exportations algériennes de ce type de produit vers les États-Unis connaissent déjà une chute significative, selon les données les plus récentes disponibles pour 2024. D’après les informations fournies par le bureau du recensement des États-Unis, les importations d’acier algérien ont diminué à 91 000 tonnes, générant une valeur de 50 millions de dollars en 2024, en comparaison avec 440 000 tonnes (274 millions de dollars) en 2023 et 263 000 tonnes (268 millions USD) en 2022.