Dans un contexte marqué par une instabilité des marchés internationaux, l’Algérie prend des mesures pour augmenter ses réserves de blé et garantir ses approvisionnements en cette denrée essentielle.
Un nouvel appel d’offres important
L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a récemment effectué un achat significatif, dépassant les volumes habituels des appels d’offres. Lors de l’appel d’offres clôturé le 26 mars, cet organisme a acquis 690 000 tonnes de blé meunier, comme l’a rapporté l’agence Reuters. Ce montant est largement supérieur à la taille minimale habituellement requise pour ce type d’appel d’offres, qui s’élève à 50 000 tonnes.
Importations récentes et provenance
Avec cet achat, les importations de blé meunier de l’Algérie atteignent presque 2,1 millions de tonnes en seulement 70 jours, suivant des acquisitions réalisées les 19 janvier (600 000 tonnes), 26 février (600 000 tonnes) et 10 mars (200 000 tonnes). Le prix d’achat a été estimé à 272 dollars par tonne, ce qui inclut le coût du blé et les frais de transport, totalisant ainsi 187,7 millions de dollars. La majeure partie du blé acquis provient de la région de la mer Noire, en particulier d’Ukraine, de Roumanie et de Bulgarie. Les livraisons sont prévues en deux vagues : du 1er au 15 juin et du 16 au 30 juin.
Une stratégie d’approvisionnement adaptée
Un opérateur du secteur a déclaré que cet appel d’offres démontre la volonté de l’Algérie de sécuriser son approvisionnement en blé pour les mois à venir. Ce nouvel achat, portant sur 690 000 tonnes, est effectué dans un contexte de forte volatilité des marchés céréaliers mondiaux, en raison des perturbations persistantes des transports et de la production dans les pays exportateurs majeurs.
L’Algérie prend de l’avance afin de diminuer les risques de pénurie, compte tenu des incertitudes actuelles sur ces marchés, souligne un observateur. Cette opération et la diversité des sources d’approvisionnement signalent un changement de stratégie dans la façon dont l’Algérie aborde ses stocks de blé. Il est à noter que les livraisons en provenance de la mer Noire ont connu une croissance ces dernières années, marquant une évolution notable par rapport à la dépendance historique de l’Algérie envers les fournisseurs européens, en particulier français.