Algérie–Italie : une coopération énergétique en plein essor, portée par la demande européenne de gaz et de nouveaux projets stratégiques face aux tensions internationales.
Une Visite Orientée vers l’Énergie
Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, et José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, se sont récemment rendus à Alger. Le contexte de leur visite est marqué par des tensions croissantes autour des questions énergétiques, exacerbées par le conflit qui oppose Israël et les États-Unis à l’Iran depuis fin février dernier. Les deux dirigeants européens cherchent à renforcer leur approvisionnement en gaz algérien.
L’Algérie : Un Fournisseur Essentiel pour l’Europe
L’Algérie joue un rôle primordial en tant que fournisseur de gaz pour l’Espagne et l’Italie, qui sont reliées par deux gazoducs. D’autres pays européens, comme la France, bénéficient également des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance d’Algérie.
En tant que garant de la sécurité énergétique de l’Europe, l’Algérie fournit approximativement 12 % de la demande totale de gaz du continent. Pour l’Italie, elle est un partenaire déterminant dans le contexte de sa dépendance énergétique, notamment en ce qui concerne le gaz.
L’Italie a dû une fois encore se tourner vers l’Algérie pour renforcer sa sécurité énergétique. La première fois, cette démarche avait eu lieu après le début de la guerre en Ukraine et la décision de l’Europe de réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes. Ce partenariat historique semble se consolider davantage à présent.
L’Importance Croissante des Approvisionnements Algériens
Lors de sa visite à Alger, Giorgia Meloni a reconnu l’Algérie comme un “partenaire stratégique crucial” pour l’Italie. À l’issue de sa réunion avec le président Abdelmadjid Tebboune, elle a souligné l’engagement des deux pays à consolider leur coopération, impliquant des entreprises telles qu’Eni et Sonatrach. Les discussion portent sur l’exploration offshore, dont l’objectif est d’accroître les approvisionnements de gaz algérien vers l’Italie à moyen et long terme.
Le président Tebboune, quant à lui, a exprimé la volonté de l’Algérie de respecter ses engagements en tant que partenaire fiable pour l’Italie et l’Europe, en tenant compte des défis liés à la sécurité d’approvisionnement et à la stabilité des marchés énergétiques internationaux. En 2025, le gaz algérien représentait 12 % des importations énergétiques de l’Union européenne, avec des envois atteignant 36 % des besoins italiens en gaz naturel, venant par le biais du gazoduc Transmed, ainsi que 10 % de GNL.
Le gaz occupe une place prépondérante dans le mix énergétique italien, représentant 44 % de la production d’électricité. Cependant, l’Italie a été confrontée à des défis supplémentaires suite à une réduction des exportations de gaz en provenance du Qatar, ce qui a poussé l’Italie à se tourner à nouveau vers l’Algérie pour un approvisionnement accru.
Vers un Renforcement Durable de la Coopération Énergétique
L’Algérie a toujours été considérée comme un partenaire fiable pour l’Europe, n’ayant jamais politisé la question énergétique, même dans les moments de tensions diplomatiques. La situation actuelle renforce la position de l’Algérie en tant qu’acteur incontournable sur les marchés du pétrole et du gaz. Cette nouvelle instabilité énergétique pourrait entraîner une augmentation directe des investissements européens, surtout italiens, en Algérie. Par ailleurs, la mise en œuvre d’un deuxième gazoduc entre les deux pays, évoquée par Giorgia Meloni lors de sa première visite en janvier 2023, paraît de plus en plus nécessaire.
Ce projet de gazoduc devrait également permettre le transport d’hydrogène, d’ammoniac et d’électricité, revêtant une importance accrue pour l’Italie à la lumière des récents perturbations dans la région. Les projets futurs, comme le corridor d’hydrogène Sud H2, visant à acheminer l’hydrogène algérien vers l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, ainsi que le gazoduc transsaharien, renforcent encore davantage les liens entre l’Algérie et l’Europe, notamment l’Italie. L’Algérie est donc bien positionnée pour jouer un rôle clé dans la réponse aux défis énergétiques futurs de l’Europe.
