Le Maroc ressent fortement les effets de la guerre au Moyen-Orient, notamment suite aux tensions entre Israël et l’Iran. Étant donné sa dépendance aux importations d’hydrocarbures, le pays se retrouve confronté à une flambée des prix des carburants, ce qui alimente des inquiétudes quant à une inflation croissante sur d’autres produits, en particulier les denrées alimentaires. Cette conjoncture s’ajoute aux difficultés déjà engendrées par la crise sanitaire qui a frappé le royaume, entraînant en 2022 une inflation dépassant les 10%, surtout due à la montée des prix des carburants et des produits alimentaires.
Augmentation significative des tarifs des carburants
Suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix du pétrole et du gaz ont connu une hausse importante, touchant immédiatement le Maroc. À partir du 16 mars, le pays a signalé une augmentation de 2 dirhams sur le prix des carburants, portant le litre de gasoil à 12,80 dirham (environ 1,18 euros) et celui d’essence à 13,93 dirham (environ 1,28 euros). L’approvisionnement dans le royaume est déjà fragile, exacerbée par des inondations en février qui avaient perturbé la filière. La direction de l’aviation civile avait donc conseillé aux compagnies aériennes de voler avec des réservoirs pleins pour éviter de solliciter les réserves locales de kérosène, qui ne couvraient que 20 jours de consommation au début de février.
La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) a exprimé son mécontentement face à ces augmentations, insistant sur leur impact direct sur le pouvoir d’achat des citoyens. Au-delà du coût des carburants, la forte hausse des prix pourrait entraîner une augmentation générale des tarifs des biens et services, aggravant ainsi la pression sur les ménages marocains. La FNAC a même suggéré que cette augmentation coordonnée pourrait être le résultat d’une entente entre les opérateurs du secteur.
Perturbations dans le secteur du tourisme au Maroc
Le secteur du transport aérien et le tourisme marocains subissent également les conséquences de cette crise. La Royal Air Maroc (RAM) a annoncé l’annulation de tous ses vols à destination de Doha et Dubaï jusqu’à la fin mars. Parallèlement, la plateforme de réservation Destinia a rapporté une baisse de l’intérêt pour des destinations prisées, dont le Maroc. En France, les réservations vers le royaume ont chuté de 15,1 % dans les premiers jours de mars.
Le tourisme constitue un pilier essentiel de l’économie marocaine, représentant 7,3 % du PIB en 2024, équivalant à 116,2 milliards de dirhams (environ 10,72 milliards d’euros). En 2025, le Maroc avait enregistré un nombre record de plus de 19 millions de visiteurs. Le secteur agricole, qui compte pour environ 14 % du PIB et emploie près de 39 % de la main-d’œuvre, n’est pas épargné non plus. Bien que le Maroc soit un grand producteur d’engrais phosphatés, il reste dépendant des importations de soufre du Golfe pour sa production de fertilisants, créant une situation à risque pour la stabilité sociale du royaume.