Le projet du gazoduc transsaharien TSGP, qui relie le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger, continue d’évoluer. Les autorités des trois nations travaillent ensemble pour garantir la réalisation de cette initiative énergétique, dont les conséquences économiques et sociales sont anticipées tout au long du parcours.
Réaffirmation de l’engagement des autorités
Le directeur adjoint de la Société nigérienne de pétrole (Sonidep) a déclaré le 22 mars 2026 que le projet du gazoduc transsaharien TSGP « n’a pas été suspendu dans son essence » et qu’il « sera mis en œuvre très prochainement ». Il a présenté cette infrastructure comme un « projet de développement commun » entre le Niger et l’Algérie, soulignant les retombées économiques et sociales ainsi que les bénéfices mutuels pour les deux pays. Le responsable a aussi salué l’engagement des autorités des deux nations en vue de renforcer leur coopération bilatérale.
En outre, le président algérien a annoncé le 16 février 2026, lors de la visite de son homologue nigérien, que le projet sera lancé « directement après le mois de ramadan ». Les deux présidents ont convenu d’initier la portion du gazoduc traversant le Niger, sous la conduite de Sonatrach.
Mission technique et prochaines étapes
Suite à cette déclaration, Sonatrach a pris des mesures concrètes en envoyant une équipe à Niamey le 17 mars 2026. Cette équipe, composée de membres de Sonatrach et du ministère algérien des Hydrocarbures et des Mines, avait pour mission de recueillir des données techniques relatives au tracé du gazoduc en collaboration avec les autorités nigériennes.
Selon un communiqué de Sonatrach, cette mission ne se limite pas au tracé du gasoduc, mais comprend aussi l’analyse du cadre juridique nigérien concernant la construction des canalisations, la réalisation d’évaluations de risque, une inspection environnementale, ainsi que l’examen des autorisations nécessaires. Le programme de visite a inclus des échanges techniques avec les responsables de Sonidep, du ministère nigérien du Pétrole et d’autres acteurs concernés, marquant une phase préparatoire avant les études détaillées et la réalisation du projet.
Les aspects techniques et institutionnels du TSGP
La quatrième réunion du comité de pilotage du TSGP s’est tenue à Alger le 11 février 2025. Elle a rassemblé des représentants de Sonatrach, de la NNPC nigériane et de Sonidep. Cette rencontre a permis de valider les travaux menés par l’équipe technique et d’approuver la signature d’un contrat pour la mise à jour de l’étude de faisabilité avec un bureau d’études, ainsi que d’accords relatifs à la compensation des frais d’étude et à la confidentialité.
Le projet de gazoduc TSGP couvre une distance de 4 128 kilomètres, reliant les gisements de gaz nigérians aux infrastructures existantes en Algérie. La capacité de transport est estimée entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Le coût total du projet avoisine 13 milliards de dollars et prévoit l’exportation de gaz vers les marchés européens via les infrastructures algériennes, en particulier les gazoducs Transmed vers l’Italie et Medgaz vers l’Espagne.