L’Algérie et l’Italie continuent de solidifier leurs liens diplomatiques et économiques dans un contexte mondial complexe, marqué par des conflits, notamment en Iran, ainsi que par une hausse des tarifs de l’énergie et des tensions sur le marché du gaz. La prochaine étape dans cette collaboration sera la visite en Algérie de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, prévue pour le 25 mars, comme l’a annoncé le gouvernement italien ce samedi.
Cette visite a été confirmée à l’issue d’une conversation téléphonique entre le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et la cheffe du gouvernement italien le 3 février dernier. Bien que la date soit maintenant établie, elle n’avait pas été précisées lors de cet échange.
Les enjeux de la visite de Giorgia Meloni
Lors de cette deuxième visite de Meloni, après celle de janvier 2023, plusieurs sujets seront abordés. Parmi eux : la sécurisation des approvisionnements énergétiques pour l’Italie, l’instauration d’une Chambre de commerce algéro-italienne proposée par Giorgia Meloni, la lutte contre l’immigration illégale, ainsi que l’accroissement des investissements italiens en Algérie.
Focus sur le gaz algérien et ses implications
La question du gaz a rapidement gagné en importance pour l’Italie en raison du conflit israélo-américain en Iran, entraînant presque la fermeture du détroit d’Ormuz, qui constitue un point de passage pour 20 % de la consommation mondiale de gaz et de pétrole. Cette situation, associée à une réduction significative de la production de gaz par certains pays du Golfe, y compris le Qatar, place l’Italie dans une position délicate, sachant que 10 % de ses besoins en gaz proviennent de QatarEnergy via Edison, une filiale italienne d’EDF.
Face à ces défis, l’Italie a décidé de se tourner vers l’Algérie pour assurer davantage d’approvisionnements en gaz, comme elle l’avait fait après le début de la guerre en Ukraine en février 2022. Le gaz algérien a constitué environ 33 % de la consommation italienne en 2025.
En outre, lors de cette rencontre, Tebboune et Meloni discuteront du renforcement des investissements italiens en Algérie, qui cherche à diversifier son économie afin de diminuer sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures. En retour pour l’énergie, l’Algérie espère voir les entreprises italiennes relancer son industrie et développer son secteur agricole.