Le président Abdelmadjid Tebboune a signé deux décrets de grâce présidentielle accordant une remise de peine à 5 600 personnes condamnées, tout en maintenant une ligne de fermeté à l’égard des infractions les plus graves.
Grâce présidentielle : Une mesure d’apaisement encadrée par des critères stricts
La première décision de grâce présidentielle concerne les infractions de droit commun. Elle cible des condamnés – détenus ou non – ayant déjà fait l’objet d’un jugement définitif et dont la peine restante n’excède pas 24 mois. Cette mesure se traduit par une remise totale de peine, inscrite dans une logique d’allègement carcéral et de gestion pénitentiaire.
Toutefois, le dispositif demeure strictement encadré. Les autorités ont clairement exclu une série d’infractions jugées sensibles ou menaçant la stabilité nationale. Sont ainsi écartés les faits liés notamment au terrorisme, aux atteintes à la sûreté de l’État, aux crimes violents ou encore à la corruption.
Cybercriminalité et ordre public : une ligne rouge assumée
Le second décret élargit le champ d’application aux infractions portant atteinte à l’ordre public, avec un accent particulier sur la cybercriminalité et les délits commis sur les réseaux sociaux. Cette orientation traduit une volonté politique de renforcer le contrôle sur les espaces numériques, devenus un enjeu stratégique pour les autorités.
Dans ce cadre, les infractions connexes liées à l’usage des technologies numériques restent également concernées, confirmant la montée en puissance des questions de sécurité digitale dans l’agenda gouvernemental. À travers cette double décision, le pouvoir algérien tente de concilier geste d’apaisement et fermeté sécuritaire, dans un contexte où la stabilité interne demeure une priorité absolue.