Kadir Mebarek, un Franco-Algérien, a récemment réalisé un exploit en étant élu maire de Melun, une commune de plus de 45.000 habitants en région parisienne, lors premier tour des élections municipales de 2026, qui s’est tenu le 15 mars. Ce triomphe est d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte de tensions envers l’Algérie et les Algériens, ainsi qu’après des attaques personnelles à son encontre suite à des déclarations faites en 2024.
Un vote décisif
Sous la bannière du parti Horizons, Mebarek a obtenu 51,7 % des voix exprimées dès le premier tour, malgré la concurrence de cinq autres candidats. Cette performance fait de lui le premier maire de Melun à être élu au premier tour en plus de 40 ans, un exploit qui remonte à 1983 lorsqu’un ancien ministre du général De Gaulle avait atteint ce même résultat. Âgé de 50 ans, Mebarek était le maire sortant après avoir remplacé Louis Vogel, le précédent élu, devenu sénateur. Il a su s’imposer dès cette élection sous son propre nom. Après sa victoire, il a déclaré : « Avec Melun terre d’avenirs, nous continuerons à transformer Melun. » Il a également précisé : « Les Melunais m’ont choisi pour qui je suis, Kadir Mebarek. J’ai été en tête dans tous les bureaux de vote, quels que soient les milieux sociaux. Je suis le candidat qui rassemble le mieux les habitants. »
Origines et valeurs de Mebarek
Né en 1975, Mebarek est le fils d’un immigré algérien qui a rejoint la France en 1962. Sa jeunesse s’est déroulée dans une HLM d’un quartier populaire de Melun, où il a suivi l’ensemble de sa scolarité. Malgré des conditions socio-économiques difficiles, il a réussi à poursuivre des études et à devenir avocat. Reconnaissant envers ses parents, il a déclaré : « Je ressens une grande fierté. Mes parents ne savaient ni lire ni écrire, mais ils nous encourageaient à travailler et réussir. »
Mebarek entretient un lien fort avec l’Algérie, ce qui a suscité des critiques de la part de certains partis d’extrême droite en France. En septembre 2024, il a été controversé pour avoir assisté à un événement rassemblant la communauté algérienne de sa ville, en présence du consul d’Algérie, peu après l’ouverture d’un consulat dans la région. Durant cet événement, il s’est présenté comme « Algérien » et a évoqué le sentiment d’ostracisation que ressentent les Algériens en France, en se comparant à d’autres communautés immigrées.
Les déclarations de Mebarek ont été largement relayées par des groupes extrémistes qui ont remis en question sa loyauté envers la France, une polémique qui a resurgi à l’occasion des élections municipales de 2026. Cependant, la dynamique électorale en région parisienne semble plus favorable à des candidats d’origine immigrée, comme l’indique l’élection de Bally Bagayoko, également au premier tour dans la ville de Saint-Denis.