Les tensions récentes au Moyen-Orient affectent les marchés de l’énergie à l’échelle mondiale. Dans ce contexte délicat, les producteurs africains de pétrole et de gaz, notamment l’Algérie, attirent l’attention. Une étude réalisée par Energy Capital & Power examine l’impact des antagonismes entre l’Iran, les États-Unis et Israël sur la dynamique des flux énergétiques globaux.
Le rôle stratégique du détroit d’Ormuz
La situation dans le Golfe Persique est scrutée attentivement par les acteurs du secteur énergétique. Le détroit d’Ormuz, qui sépare l’Iran d’Oman, est crucial pour le transport d’une grande partie du pétrole mondial, avec environ 20 % des quantités globales transitant par cette voie maritime.
Les tensions militaires et les menaces pesant sur la sécurité des infrastructures gazières et pétrolières ont provoqué des fluctuations des prix sur le marché pétrolier. À certains moments, le baril a atteint des valeurs supérieures à 115 dollars. Face à cette hausse, plusieurs pays importateurs commencent à explorer diverses alternatives d’approvisionnement.
Une attention accrue pour les producteurs du continent africain
Selon Energy Capital & Power, certains acheteurs internationaux réévaluent leurs choix de fournisseurs d’énergie, en particulier sur les marchés européens, mais aussi en Chine et en Inde. Dans ce cadre, plusieurs producteurs africains, dont l’Algérie, se retrouvent au cœur des discussions sur l’approvisionnement énergétique, aux côtés du Nigeria, de l’Angola et de la Libye.
Les raffineries européennes connaissent déjà certains types de pétrole africain et, en période de tensions internationales, leurs achats de brut africain connaissent parfois une hausse. Des dérivés comme le Bonny Light du Nigeria ou le Girassol d’Angola sont déjà utilisés par différentes raffineries européennes, car leurs caractéristiques techniques correspondent aux besoins de plusieurs installations de raffinage.
L’Algérie, un acteur clé sur le marché énergétique
L’Algérie, dotée d’un secteur énergétique performant, se concentre sur la production et l’exportation de pétrole et de gaz naturel. Le pays dispose de toutes les infrastructures nécessaires, y compris des installations d’extraction, des réseaux de transport et des terminaux d’exportation.
Les gazoducs reliant l’Algérie à plusieurs nations européennes facilitent les échanges de gaz naturel. De plus, le pays possède des installations dédiées à la production de gaz naturel liquéfié (GNL), permettant ainsi un transport maritime vers d’autres marchés hors des réseaux gaziers traditionnels. La proximité des ports algériens avec les terminaux méditerranéens européens contribue également à l’efficacité des flux commerciaux.
Croissance de la production de GNL en Afrique
L’analyse d’Energy Capital & Power aborde également les attentes de hausse de la production de gaz naturel liquéfié en Afrique, avec une prévision dépassant les 120 millions de tonnes par an d’ici 2035. Pour 2026, la production serait estimée autour de 70 millions de tonnes, soutenue par divers projets d’exploitation et de développement d’installations de liquéfaction.
Certains pays africains comme le Nigeria, l’Angola et la Guinée équatoriale disposent déjà d’infrastructures adaptées pour la transformation et l’exportation du gaz naturel. L’avancement de nouveaux projets dépendra toutefois de multiples facteurs, dont les investissements nécessaires, les capacités techniques disponibles et le développement des infrastructures portuaires, tous influençant l’implémentation des projets énergétiques sur le continent.