Plus de cinq décennies après avoir repris le contrôle de ses ressources pétrolières et gazières, l’Algérie poursuit une lutte sur deux fronts : d’un côté, elle cherche à augmenter et à maintenir ses capacités de production et d’exportation d’hydrocarbures ; de l’autre, elle s’emploie à développer des sources alternatives d’énergie pour répondre à une demande nationale toujours croissante et renforcer sa position de fournisseur d’énergie fiable sur le marché international. Cette dernière initiative inclut notamment un fort engagement envers l’hydrogène vert, surtout destiné aux marchés européens.
La dynamique des hydrocarbures et l’économie algérienne
L’Algérie, pour financer son développement et ses programmes sociaux, doit augmenter sa production d’hydrocarbures, actuellement aux alentours de moins d’un million de barils de pétrole par jour et presque 110 milliards de mètres cubes de gaz annuellement.
Les revenus générés par cette industrie peuvent varier grandement en raison des prix fluctuants sur les marchés mondiaux, comme l’illustre le bond de 22 milliards de dollars en 2020 à 60 milliards en 2022. Le président Abdelmadjid Tebboune, en décembre 2022, a exprimé son désir de doubler la production de gaz, projetée à 100 milliards de mètres cubes, d’ici 2028, avec une distribution équilibrée entre le marché intérieur en croissance et les exportations.
En outre, des programmes d’investissement substantiels ont été annoncés, tels que le plan de 39 milliards de dollars sur quatre ans annoncé en février, et plus récemment, un investissement prévu de 60 milliards entre 2025 et 2029. Ces investissements ciblent non seulement l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures, mais aussi la valorisation de ces ressources pour augmenter le taux de transformation en produits à haute valeur ajoutée.
Diversification vers le secteur de l’énergie propre
Sonatrach enrichit le secteur de la pétrochimie en Algérie à travers plusieurs projets d’envergure, comprenant la raffinerie de Hassi Messaoud, les unités de vapocraquage et de craquage du naphte et du fuel, et les complexes de production d’éthylène et de LAB (Linéaire Alkyl Benzène).
L’Algérie s’est affirmée comme un fournisseur clé de gaz pour l’Europe grâce à ses gazoducs vers l’Espagne et l’Italie ainsi que ses expéditions de GNL. Un grand projet d’hydrogène vert est également en développement avec l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, dans le cadre du projet South H2 Corridor, visant à transporter 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an, couvrant environ 10 % de la demande européenne prévue pour 2040.
L’Algérie, futur leader de l’hydrogène vert ?
Un rapport récent de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OAPEC) a loué les efforts significatifs de l’Algérie dans le développement de l’hydrogène vert, considéré comme essentiel pour la transition vers une économie bas carbone. Un projet en cours prévoit une centrale semi-industrielle de 50 MW pour la production d’hydrogène vert et de ses dérivés à Arzew. L’Algérie est également en train de peaufiner son cadre législatif pour encourager davantage d’investissements dans ce domaine.
Cette stratégie de diversification de l’énergie s’intègre dans une politique économique plus large visant à diversifier les secteurs économiques du pays, allant de l’exploitation minière à l’agriculture, et incluant des projets majeurs comme celui des phosphates à Tébessa destiné à propulser l’Algérie comme un leader de l’industrie des engrais.
