Face à la diminution des précipitations et à la nécessité de préserver les ressources en eau douce, l’Algérie développe le dessalement de l’eau de mer, notamment dans l’Ouest du pays. Cette zone, souvent qualifiée de « grenier », est pourtant essentielle pour la production locale de fruits, olives et céréales.
Détails du deuxième programme national complémentaire en Algérie
Selon Bloomberg, un haut responsable des ressources hydriques indique que trois nouvelles unités seront érigées à Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Leur capacité additionnelle de 900 000 m³/jour doit renforcer la position de l’Algérie comme « plus grand producteur d’eau dessalée d’Afrique ». Le coût de réalisation est estimé à 1 milliard de dollars.
Ces contrats ont été signés en décembre dernier par l’Entreprise algérienne de dessalement de l’eau (EADE), filiale de Sonatrach, avec des entreprises publiques nationales. Ils s’inscrivent dans la première phase du second programme national complémentaire, qui prévoit la construction de six usines de 300 000 m³/jour chacune.
Au total, le plan national comprend 11 stations pour un investissement de 5,4 milliards de dollars. Cinq d’entre elles, d’une capacité unitaire de 300 000 m³/jour, ont déjà été livrées en 2025 pour un montant de 2,4 milliards de dollars. Les nouvelles usines seront alimentées en électricité par Sonelgaz aux tarifs du marché.
Impacts agricoles et perspectives à l’horizon 2030
D’après Lahcen Bada, directeur général de l’EADE, le dessalement permettra de réduire la pression sur l’eau potable et de mettre à disposition jusqu’à 4 milliards de m³/an d’eau douce pour l’agriculture, secteur qui représente environ 15 % du PIB (≈ 285 milliards de dollars). L’objectif est de porter à 60 % la part de l’eau dessalée dans l’approvisionnement en eau potable d’ici la fin de la décennie, contre 42 % actuellement.
Depuis 2005, l’Algérie a mis en service 19 usines totalisant 3,5 millions de m³/jour. Selon le directeur de l’EADE, cet effort constitue un « engagement financier important » mais demeure « absolument essentiel » pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en eau, priorité stratégique nationale.