Le grand projet du gazoduc transsaharien, qui vise à relier le Nigeria au Niger puis à l’Algérie, entre désormais dans sa phase concrète de construction. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a confirmé lors d’une conférence de presse avec le président nigérien Abdoul Rahman Tiani, que les travaux commenceraient après le mois de Ramadan. L’entreprise algérienne Sonatrach est chargée de débuter les travaux sur le territoire nigérien avant de diriger le pipeline jusqu’à l’Algérie.
Un partenariat énergétique stratégique
Ce projet de pipeline permettra le transport de gaz naturel du Nigeria vers l’Algérie, en passant par le Niger. Il utilise les infrastructures déjà existantes au Nigeria et en Algérie pour la collecte et la distribution du gaz. Sonatrach se chargera de l’installation des pipelines et des équipements nécessaires sur la portion nigérienne.
Le président Tebboune a déclaré que cette étape est un tournant clé dans le partenariat énergétique entre l’Algérie et le Niger, avec des travaux qui commenceront après un délai d’un mois suivant le Ramadan. Cette phase est la première opération tangible sur le terrain après de nombreuses années de planification et de discussions. Une fois acheminé vers la Méditerranée, le gaz pourrait être distribué vers l’Europe. Le tracé du gazoduc transsaharien, qui implique un nombre réduit de pays et tire parti des infrastructures en place, se présente comme plus avantageux comparé à d’autres propositions moins concrètes.
Échec du contre-projet Marocain
En parallèle, le projet concurrent de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc semble peu réalisable. L’expert en énergie Said Beghoul a affirmé que cette initiative reste difficile à concrétiser en raison de sa longueur considérable, de ses coûts financiers élevés, et du fait qu’il traverse des pays confrontés à des défis sécuritaires et politiques.
Cet ambitieux projet devait couvrir plus de 6 000 kilomètres en traversant 14 pays d’Afrique de l’Ouest. Selon Beghoul, le Maroc manque des ressources financières nécessaires et ferait face à d’importantes difficultés logistiques, y compris un manque d’infrastructures énergétiques adaptées.
Actuellement, le Maroc dépend du gaz venant d’Espagne, après la suspension par l’Algérie en 2021 du gazoduc Maghreb-Europe. Une proposition de construire un terminal de gaz naturel liquéfié à Nador a été abandonnée pour des raisons financières par le roi Mohammed VI.