Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment exprimé des critiques marquées à l’égard des Émirats arabes unis (EAU) dans une interview diffusée par la télévision et la radio nationales algériennes. Bien qu’il n’ait pas mentionné ce pays du Golfe de manière explicite, le chef de l’État a clairement condamné leurs interventions dans les affaires internes de l’Algérie.
Cette posture présidentielle intervient alors même que l’Algérie réagit aux actions d’Abou Dhabi en résiliant une convention aérienne en place depuis 2013, ce qui pourrait entraîner l’arrêt des vols entre les deux nations.
Relations avec les Autres Nations Arabes
Tebboune a en revanche exprimé sa gratitude envers d’autres pays arabes tels que l’Arabie Saoudite, l’Égypte et le Qatar, soulignant des liens particulièrement fraternels. De l’Arabie Saoudite, il a déclaré : « Ce qui touche l’Arabie Saoudite nous touche », ajoutant que les relations avec le Qatar et le Koweït sont également positives. Il a mentionné l’histoire partagée de plus de 70 ans entre l’Algérie et l’Égypte.
Les Émirats font figure d’exception dans ce panorama de relations amicales. Le président a décrit ces relations comme conflictuelles et s’est abstenu de nommer directement le pays, déclarant toutefois qu’un « mini-État » perturbe les relations par ses interférences.
Tensions autour des Investissements et Conventions Aériennes
Le président Tebboune a soulevé une autre controverse, insinuant que les Émirats menacent de faire appel à l’arbitrage international au sujet de leurs investissements en Algérie. « Ils menacent de nous appauvrir avec l’arbitrage international. Qu’ils aillent à l’arbitrage ! », a-t-il réagi. Il a émis un avertissement clair : « Ne nous laissez pas regretter le jour où nous vous avons connus. »
Quelques heures avant cette déclaration, l’agence de presse officielle APS a confirmé que l’Algérie a entrepris des démarches pour abroger l’accord de services aériens signé avec les Émirats en 2013 et ratifié en 2014. Selon cet accord, les deux pays se concédaient mutuellement des droits spécifiques en termes de navigation aérienne, incluant des exonérations pour leurs compagnies respectives.
Récemment, Tebboune a appuyé ses critiques en soulignant la présence des fonds émiratis dans divers conflits régionaux, notamment au Mali, en Libye et au Soudan, démontrant ce qu’il considère être leur action déstabilisatrice dans son ensemble.