D’après les informations relayées par la presse algérienne à la fin du mois d’octobre, la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) a déposé un amendement notable. Celui-ci concerne l’article 218 du texte budgétaire et encadre strictement les conditions d’une éventuelle hausse.
Concrètement, cette initiative imposerait que toute augmentation des prix à la pompe reçoive le feu vert du Parlement avant d’être appliquée. Les élus souhaitent ainsi garantir qu’aucune révision tarifaire ne puisse intervenir sans passer par un véritable examen législatif.
Ce que contient l’article 218 du PLF 2027 sur les carburants
Dans sa rédaction d’origine, l’article 218 du projet de loi de finances 2027 ouvre la voie à une révision des prix des carburants « en cas de besoin », à la discrétion des parties concernées. Le texte reste toutefois volontairement flou.
Aucun montant précis n’est mentionné, pas plus qu’une date d’entrée en vigueur ou un mécanisme détaillé d’ajustement. La disposition se contente d’offrir aux autorités la faculté de modifier les tarifs lorsqu’elles l’estiment justifié, sans encadrement contraignant.
Une garantie parlementaire ajoutée par amendement
C’est précisément cette latitude que l’amendement cherche à corriger. En exigeant l’accord préalable des députés, la commission entend inscrire une protection institutionnelle au cœur du dispositif budgétaire.
Il convient néanmoins de rester prudent sur la portée de cette mesure. À ce stade, il s’agit uniquement d’une proposition émanant de la commission, et non d’une règle entérinée. L’APN a indiqué que l’examen du PLF 2027 en séance plénière devait démarrer le lundi 2 novembre. Le parcours législatif doit donc encore se poursuivre avant toute adoption définitive.
Le ministre des Hydrocarbures exclut une hausse immédiate des prix
La problématique des tarifs de l’essence et du gasoil avait déjà été abordée lors de l’audition du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Celui-ci s’était exprimé devant la commission des finances le 17 octobre.
Le responsable a tenu à rassurer : aucun projet de relèvement des prix à la pompe n’est actuellement envisagé par l’exécutif. Il a également souligné que la simple inscription de cette possibilité dans le budget 2027 ne présageait en rien d’une augmentation automatique.
Les justifications économiques avancées par l’exécutif
Pour défendre cette disposition, le gouvernement met en avant plusieurs arguments liés à l’équilibre financier du secteur. La progression des coûts de production constitue l’une des principales préoccupations évoquées.
L’enjeu consiste à préserver la viabilité des activités de raffinage et de distribution, tout en assurant un approvisionnement continu en produits pétroliers. Selon l’exposé des motifs, l’État supporte toujours une part considérable de l’écart entre les coûts réels et les prix facturés aux consommateurs.
Quelles conséquences pour les automobilistes algériens ?
Pour les usagers de la route, l’enjeu de cette réforme reste essentiellement procédural à court terme. Aucune modification immédiate du prix de l’essence, du gasoil ou du GPL n’est programmée, selon les déclarations officielles.
Si l’amendement venait à être adopté, il offrirait toutefois une forme de transparence accrue. Toute future hausse des carburants devrait alors faire l’objet d’un débat public au sein de l’hémicycle, limitant les ajustements décidés sans concertation.
En définitive, le PLF 2027 ne programme pas d’augmentation des prix des carburants, mais il en pose les conditions potentielles. L’évolution de cet amendement durant la navette parlementaire déterminera le poids réel que les députés pourront exercer sur les tarifs à la pompe dans les années à venir.


