L’Algérie a engagé une nouvelle phase dans la décontamination des sites d’essais nucléaires français hérités de la période coloniale, dans le Sahara algérien. Le ministère de la Défense nationale (MDN) a annoncé le lancement d’une deuxième opération d’assainissement, menée avec les seuls moyens nationaux. Une initiative qui intervient alors que Paris maintient son refus de transmettre les documents et cartographies relatifs à ces explosions.
Essais nucléaires français : une deuxième opération de décontamination lancée à In Ekker
Le choix du calendrier n’a rien d’anodin. Les travaux de décontamination du tunnel « Béryl 2E », localisé dans la région d’In Ekker (Tamanrasset), en 6ᵉ région militaire, ont débuté le dimanche 1ᵉʳ novembre.
Cette date coïncide avec la commémoration du 72ᵉ anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale. Un symbole fort destiné à rappeler à la France sa responsabilité historique sur ce dossier sensible.
Selon le communiqué du MDN, cette opération s’inscrit dans la continuité des efforts d’assainissement des anciens sites d’essais nucléaires situés dans le Sud du pays. L’objectif consiste à éliminer les déchets radioactifs encore présents sur place.
Une opération encadrée par les normes internationales
Le chantier est piloté par le ministère de la Défense nationale, en collaboration avec l’Agence nationale de réhabilitation des anciens sites d’essais et d’explosions nucléaires français dans le Sud algérien. L’ensemble se déroule, précise la même source, dans le respect des standards nationaux et internationaux en vigueur.
Le refus français de livrer les cartes des sites d’essais nucléaires
Cette campagne de décontamination est entièrement réalisée grâce aux compétences et aux ressources algériennes. Le MDN souligne que la France continue de refuser la remise des registres et des cartes indiquant l’emplacement exact des déchets enfouis.
Face à ce blocage, les autorités algériennes affirment leur volonté de poursuivre les travaux jusqu’à l’élimination complète de la contamination, sans attendre la coopération française.
« Devant le refus par la partie française d’assumer ses responsabilités pénales et de fournir les documents et cartographies des sites d’enfouissement de ces déchets nucléaires, qui constituent encore un handicap pour le développement des régions d’In Ekker à Tamanrasset et de Reggane à Adrar, les compétences nationales sont déterminées à œuvrer pour l’assainissement total des déchets nucléaires hérités du colonisateur français dans notre grand Sud et assurer leur réhabilitation à l’avenir », indique le communiqué du MDN.
Un frein au développement du Grand Sud
La persistance de ces déchets radioactifs demeure un obstacle majeur pour les régions concernées. Les zones d’In Ekker et de Reggane restent freinées dans leur essor économique en raison de cette menace environnementale héritée de l’ère coloniale.
Décontamination nucléaire : un défi majeur pour les compétences algériennes
Pour mener à bien ce qu’il qualifie d’« opération complexe », l’État algérien a mobilisé l’intégralité de ses moyens humains et matériels. Le MDN présente cette mission comme un véritable test pour le savoir-faire national.
Les équipes engagées veillent, selon le communiqué, à garantir la réussite de l’intervention dans le strict respect des règles de sécurité. Celles-ci incluent la délimitation précise des zones radioactives, la collecte des déchets nucléaires et leur conservation dans des conteneurs en béton spécialement conçus.
Un héritage radioactif toujours présent
Entre 1960 et 1967, la France a procédé à 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien, à Reggane et In Ekker. Parmi eux, 13 étaient souterrains et 4 atmosphériques.
Plus de six décennies après ces explosions, les sites concernés restent fortement contaminés. Les déchets radioactifs continuent de représenter un danger réel pour les populations locales.
En relançant cette opération de décontamination par ses propres forces, l’Algérie affirme sa détermination à réparer les séquelles du passé colonial. Le dossier des essais nucléaires français demeure néanmoins un sujet de tension persistant entre Alger et Paris, en l’absence de transmission des données indispensables à un assainissement complet.


