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Retraités algériens : cette aide pourrait vous suivre au pays

Les retraités algériens de France pourraient voir évoluer les règles encadrant une aide sociale aujourd’hui liée à une obligation de résidence. Une initiative parlementaire propose d’étudier la possibilité de continuer à verser cette allocation même après un retour définitif au pays. Une mesure qui intéresse directement les anciens travailleurs immigrés désireux de passer leurs vieux jours auprès de leurs proches en Algérie.

À l’origine de cette démarche, le groupe de La France insoumise (LFI) a déposé un amendement à l’Assemblée nationale. Objectif : examiner le maintien de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) pour certains retraités immigrés rentrant dans leur pays d’origine. Référencé sous le numéro 1800, ce texte s’inscrit dans l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

D’après des informations relayées le 20 octobre 2026, cet amendement rassemble le soutien de 73 députés. Il vise en priorité les anciens travailleurs algériens installés dans l’Hexagone depuis plusieurs décennies. Les élus demandent que soit envisagée la levée de la condition de résidence en France pour certaines catégories de bénéficiaires de l’ASPA.

ASPA : quelles conditions encadrent aujourd’hui cette allocation ?

L’allocation de solidarité aux personnes âgées s’adresse aux seniors dont les ressources demeurent modestes. Elle vient compléter leurs revenus, dans la limite des plafonds définis par la réglementation française en vigueur.

Contrairement à une pension de retraite, calculée à partir des cotisations versées tout au long de la carrière, cette aide repose sur le principe de la solidarité nationale. Son octroi dépend essentiellement de trois critères : l’âge, le niveau de revenus et le lieu où réside le demandeur.

Pour en bénéficier, les allocataires sont tenus de vivre en France de manière stable et effective. Dès lors qu’une personne s’installe durablement hors du territoire, le versement de l’allocation cesse en principe automatiquement.

Cette contrainte touche directement les retraités algériens qui envisagent de quitter la France pour s’établir définitivement en Algérie. Elle s’applique même lorsqu’ils ont travaillé et cotisé durant de longues années sur le sol français. Il faut donc bien distinguer deux dispositifs : la pension de retraite, exportable à l’étranger, et l’ASPA, dont le maintien reste conditionné à la résidence.

Quels retraités algériens sont visés par cet amendement ?

La proposition cible avant tout les anciens travailleurs immigrés, fréquemment surnommés les « chibanis ». Ces hommes sont arrivés en France au cours des décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Le texte fait notamment référence aux flux migratoires de travail survenus entre 1946 et 1975, en pleine période des « Trente Glorieuses ».

Originaires en grande partie d’Algérie et d’autres nations du Maghreb, ces travailleurs ont œuvré dans de nombreux domaines. Le bâtiment, les travaux publics, l’industrie et l’agriculture figurent parmi les secteurs qui ont le plus fait appel à leur main-d’œuvre.

Une ancienneté de séjour exigée

Les députés souhaitent se pencher sur le cas des personnes ayant résidé légalement en France durant au moins quinze années. Une autre condition s’ajoute : avoir cotisé à un régime obligatoire d’assurance vieillesse pendant cette période d’activité.

Dans leur exposé des motifs, les auteurs de l’amendement mettent en avant une situation paradoxale. Nombre de ces anciens travailleurs demeurent en France uniquement pour préserver leur droit à l’ASPA, alors même que leurs familles vivent dans leur pays d’origine.

Pourquoi cette réforme pourrait changer la vie des chibanis

Permettre le maintien de l’allocation après un départ définitif répondrait, selon les parlementaires, à une réalité humaine souvent ignorée. Beaucoup de ces retraités se retrouvent contraints de vivre loin des leurs pour ne pas perdre un complément de revenu indispensable.

La mesure envisagée offrirait ainsi un véritable choix à ces anciens travailleurs. Ils pourraient rejoindre leurs proches en Algérie tout en conservant une ressource essentielle à leur quotidien de seniors modestes.

Cette question renvoie plus largement au parcours de toute une génération de migrants qui a contribué à l’économie française. Après des années de labeur, nombre d’entre eux aspirent simplement à terminer leur existence dans leur terre natale, entourés de leur famille.

Une initiative encore au stade de l’examen

Pour l’heure, l’amendement n° 1800 demeure une proposition soumise aux débats parlementaires. Son adoption dépendra de l’issue des discussions autour du budget de la Sécurité sociale pour 2027.

Si cette disposition venait à être retenue, elle marquerait une évolution significative dans le traitement des retraités algériens de France. Un tournant attendu par de nombreuses familles partagées entre les deux rives de la Méditerranée.

En somme, cette démarche remet au cœur du débat la condition des chibanis et la portée réelle de la solidarité nationale au-delà des frontières. Reste désormais à savoir si les parlementaires transformeront cette intention en droit concret pour les anciens travailleurs immigrés.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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