Le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) place une nouvelle fois la question du pouvoir d’achat au cœur de ses priorités. Le texte prévoit de prolonger un ensemble de dispositifs fiscaux destinés à contenir les prix de plusieurs produits alimentaires essentiels. Ces mesures de soutien seraient reconduites pour une période étendue, allant jusqu’au 31 décembre 2029.
Des subventions reconduites pour préserver le pouvoir d’achat
Selon les explications fournies par les autorités, cette prorogation vise à sécuriser l’approvisionnement du marché en denrées de large consommation. Sont concernés les viandes rouges et blanches, les huiles alimentaires, le café, les légumes secs, le riz ou encore les œufs.
L’objectif affiché reste double : maîtriser les prix pour protéger le portefeuille des ménages et constituer un stock stratégique de sécurité. Le gouvernement insiste également sur sa volonté d’accompagner le développement de la production nationale.
Entre 2023 et 2026, l’État a principalement utilisé deux leviers pour agir sur les tarifs : la réduction des droits de douane et l’octroi d’exonérations fiscales. Ces outils ont permis de limiter la hausse des prix sur un panier de produits sensibles.
Viandes : un droit de douane réduit à 5 % maintenu
Le texte rappelle que la couverture des besoins du marché local dépend encore largement des importations. Pour combler les déficits observés, le PLF 2027 propose donc de reconduire plusieurs dispositifs tarifaires déjà en vigueur.
Il s’agit notamment des articles 139 et 140 de la loi de finances 2026. Ceux-ci fixent un taux réduit de 5 % de droits de douane sur l’importation de bovins et d’ovins vivants destinés à l’abattage.
Ce taux préférentiel s’applique aussi aux viandes bovines et ovines fraîches réfrigérées sous vide. La mesure a par ailleurs été élargie à certaines catégories de bovins vivants prévus pour l’engraissement, ainsi qu’aux viandes blanches importées congelées.
TVA et TIC suspendues sur de nombreux produits jusqu’en 2029
Le soutien aux prix passe aussi par des exonérations de taxes. Le PLF 2027 propose de prolonger les dispositions de l’article 214 de la loi de finances 2025, qui exonère de TVA et de taxe intérieure de consommation (TIC) les importations de café vert.
La reconduction concerne également l’article 65 de la loi de finances 2024. Celui-ci dispense de TVA l’importation et la vente de riz, de pois, de pois chiches, de haricots, de lentilles, de fèves et d’autres légumes secs à cosse.
Ce même dispositif couvre la commercialisation de produits issus de la production locale. Sont concernés les fruits et légumes frais, les œufs de consommation, le poulet de chair ainsi que la dinde.
Huile de soja : un délai prolongé pour les transformateurs
Le secteur des huiles de table bénéficie lui aussi de mesures spécifiques. Le PLF 2027 reconduit une disposition issue de la loi de finances 2022 exonérant de TVA l’huile brute et les tourteaux provenant de la trituration locale de graines oléagineuses.
Cette même loi de 2022 fixait une échéance pour les importateurs et transformateurs locaux. Ces derniers peuvent continuer à profiter des mécanismes de compensation des prix de l’huile brute de soja importée, assortis d’exonérations douanières et fiscales lorsque le produit manque sur le marché national.
Une obligation de bascule vers la production nationale
Prorogée année après année par les différentes lois de finances, cette mesure serait désormais maintenue jusqu’en 2029. Le texte encadre toutefois cet avantage par une condition claire pour les opérateurs concernés.
Les importateurs et transformateurs d’huile brute de soja devront, au plus tard le 31 décembre 2029, soit lancer eux-mêmes la production de cette matière première, soit se la procurer directement sur le marché local. Une manière d’orienter progressivement la filière vers l’autonomie.
À travers ce volet du PLF 2027, le gouvernement confirme sa stratégie d’encadrement des prix sur les produits de première nécessité. En prolongeant ces exonérations jusqu’en 2029, il cherche à concilier protection des ménages et montée en puissance de la production locale.


