Les accusations de propos antisémites attribués à Jordan Bardella connaissent un nouveau développement judiciaire. À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, le président du Rassemblement national (RN, extrême droite) se retrouve visé par une enquête de presse évoquant des messages tenus entre 2013 et 2015. La députée écologiste Sabrina Sebaihi a décidé de porter l’affaire devant la justice.
Des propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans une enquête de presse
Selon les révélations publiées par un média d’investigation, le bras droit de Marine Le Pen aurait rédigé, dans une conversation privée, une série d’affirmations aux relents antisémites marqués. Ces échanges remonteraient à une période comprise entre 2013 et 2015.
Parmi les passages mis en avant figure notamment cette phrase : « Toutes les banques sont détenues par des Juifs. (…) Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. »
Le message ciblait par ailleurs plusieurs personnalités françaises. « En France, deux bels exemples sont BHL (Bernard Henri-Lévy) ou (Jacques) Attali », y lit-on encore, avec l’évocation d’un supposé « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale ».
La réaction de Jordan Bardella face aux accusations
Le dirigeant du Rassemblement national a rejeté « formellement » l’ensemble de ces allégations. Il a également fait savoir qu’il comptait engager lui-même une action en justice pour contester ces révélations le concernant.
Cette contestation intervient dans un climat politique tendu, alors que le président du RN cherche à consolider son image en vue du scrutin présidentiel de 2027. Les propos antisémites qui lui sont prêtés pourraient peser sur cette trajectoire.
Sabrina Sebaihi saisit la procureure de Paris
Sans attendre l’authentification définitive de ces éléments, la députée des Hauts-de-Seine Sabrina Sebaihi a adressé un courrier à la procureure de la capitale. Elle réclame l’ouverture d’un examen judiciaire sur ces déclarations.
La parlementaire s’appuie sur l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce texte permet à toute autorité constituée d’informer le parquet de faits pouvant relever d’une qualification pénale. Elle invoque ici le « caractère antisémite » présumé des propos.
Le contenu détaillé de la saisine
Dans son signalement, l’élue écologiste rappelle que l’enquête prête à Jordan Bardella l’affirmation selon laquelle « toutes les banques sont détenues par des Juifs ». Elle souligne également la présence de discours attribuant aux personnes juives une volonté de domination financière, politique et internationale.
Le document reproduirait aussi des messages mettant en cause des figures publiques françaises en raison de leur lien supposé avec Israël ou avec certains intérêts bancaires. Ces éléments constituent, selon la députée, un ensemble préoccupant.
Sabrina Sebaihi mentionne par ailleurs des échanges dans lesquels le responsable du RN aurait exprimé son adhésion à des thèses défendues par Alain Soral. Ces idées concerneraient une prétendue emprise bancaire et politique attribuée aux personnes juives ou au « sionisme ».
Quelles infractions pénales pourraient être retenues
Pour la parlementaire, si ces éléments venaient à être « authentifiés » et si leurs conditions de diffusion le permettaient, ils justifieraient un examen approfondi. Plusieurs qualifications pénales pourraient alors entrer en ligne de compte.
Elle évoque notamment les dispositions relatives à la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence. Ces incriminations visent les actes fondés sur l’appartenance, réelle ou supposée, à une religion donnée.
La députée cite enfin les infractions de diffamation ou d’injure présentant un caractère raciste ou religieux. Ces qualifications viendraient compléter le cadre juridique potentiellement applicable à cette affaire.
Une affaire à fort enjeu politique
Cette procédure survient à un moment où le Rassemblement national ambitionne de conquérir le pouvoir. Les propos antisémites imputés à son président alimentent le débat sur les racines idéologiques du parti d’extrême droite.
La suite de cette affaire dépendra désormais des décisions du parquet de Paris. Une éventuelle enquête permettrait de vérifier l’authenticité des messages et d’établir leurs conditions exactes de diffusion, deux points centraux du dossier soulevé par Sabrina Sebaihi.




