Le racisme visant les Algériens et les musulmans s’installe désormais jusque dans l’univers du sport de combat en France. Fares Ziam, combattant franco-algérien de MMA, a été la cible d’attaques racistes en raison de ses origines algériennes, à l’occasion d’un affrontement organisé à Paris.
Un combattant franco-algérien pris pour cible avant son combat
Âgé de 27 ans, Fares Ziam évolue dans la catégorie des poids légers de l’UFC, la principale organisation mondiale d’arts martiaux mixtes. Le samedi 5 août, il montait sur l’octogone lors du « co-main event de l’UFC Paris » face au Français Axel Sola.
Ce duel, très attendu par les amateurs de sports de combat, s’est finalement soldé par une défaite du Franco-Algérien. Ziam a été mis hors combat par KO dès les premières secondes de l’affrontement, un dénouement expéditif qui a marqué la soirée.
Mais bien avant de fouler l’octogone, le combattant avait déjà essuyé une vague d’insultes racistes sur les réseaux sociaux. Ces messages hostiles ciblaient explicitement ses racines algériennes, illustrant la montée d’un climat de rejet dans la sphère sportive française.
Axel Sola prend la défense de son adversaire
Face à ce déferlement de haine, le vainqueur du combat a adopté une attitude remarquée. Loin de savourer seul sa victoire, Axel Sola a publiquement défendu son adversaire, condamnant les propos racistes dont ce dernier avait été victime.
Lors de la conférence de presse organisée après le combat, le combattant français a invité les auteurs de messages haineux à changer de perspective. Il a estimé que la pratique du MMA leur enseignerait une leçon d’humilité qui leur fait cruellement défaut.
« Si les gens cherchent une raison pour déverser leur haine, je pense qu’ils feraient mieux de s’inscrire dans un club de MMA, de mettre une paire de gants, et ça leur apprendrait l’humilité. Surtout, ils se rendraient compte qu’on est avant tout des hommes, et pas des drapeaux », a déclaré Axel Sola.
« Il est fier de ses origines, et c’est normal »
Le combattant français a également tenu à rappeler le parcours de son adversaire, profondément ancré dans l’Hexagone. Selon lui, l’identité française de Fares Ziam ne fait aucun doute et n’entre nullement en contradiction avec ses racines.
« Je déplore tous les commentaires négatifs envers les origines de Farès. Il est français, il a grandi en France, il parle français, il a fait ses armes en France… C’est OK d’être fier de ses origines, il est aussi fait de ça, de l’histoire du pays d’où il vient », a ajouté le vainqueur.
Ces mots ont été salués par de nombreux observateurs, qui y ont vu un exemple de fair-play dans un contexte marqué par les tensions identitaires. La sortie d’Axel Sola tranche avec la banalisation croissante des discours de rejet.
Des propos xénophobes tenus lors de la même soirée
Si l’attitude d’Axel Sola a été applaudie, elle ne doit pas masquer la réalité d’un sport gagné, lui aussi, par les idées extrémistes. La soirée de l’UFC Paris en a d’ailleurs fourni une illustration frappante.
Un peu plus tôt dans la soirée, Matthieu Letho Duclos, combattant connu pour sa proximité avec la mouvance identitaire d’extrême droite, avait tenu des propos ouvertement ultranationalistes après une victoire. Ses déclarations ont suscité une vive polémique.
Le combattant s’est notamment dit prêt à « brûler sans hésiter tous les pays du monde pour sauver la France ». Une rhétorique radicale qu’il a poursuivie en défendant une conception exclusive de l’identité nationale.
« Je demande que tu aimes la France, que tu respectes son identité (…) Tous les gens qui ne sont pas d’accord avec ça… vous n’avez pas votre place en France », a-t-il lancé.
Un climat de division qui gagne le sport de combat
Cet épisode révèle à quel point les crispations identitaires traversent désormais l’ensemble de la société française, y compris le monde des arts martiaux mixtes. La discipline, longtemps perçue comme un espace de fraternité, n’échappe plus aux polémiques xénophobes.
Le contraste entre les gestes d’apaisement d’Axel Sola et les diatribes de Matthieu Letho Duclos illustre la fracture qui traverse le milieu. Deux visions du sport et du vivre-ensemble s’y opposent frontalement.
Le cas de Fares Ziam témoigne d’une hostilité qui vise particulièrement les personnes d’origine algérienne en France. Au-delà du résultat sportif, cette affaire pose la question de la place réservée aux athlètes issus de l’immigration, sommés de justifier en permanence leur appartenance.