Le dossier du mariage refusé à un Algérien sous OQTF par Robert Ménard connaît un nouveau rebondissement. Le maire de Béziers, convoqué le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier, souhaite obtenir le témoignage d’Emmanuel Macron pour appuyer sa défense. Une démarche inédite qui relance le débat sur les prérogatives des officiers d’état civil face aux étrangers en situation irrégulière.
À l’origine de cette procédure figure une décision prise par l’élu en 2023. Il avait alors refusé d’unir un couple dont le futur marié faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), ouvrant la voie à des poursuites judiciaires.
Robert Ménard réclame la présence d’Emmanuel Macron à son procès
C’est sur le plateau de LCI, ce jeudi 3 septembre 2026, que le maire de Béziers a dévoilé son intention. Il compte solliciter directement le chef de l’État afin qu’il vienne s’exprimer devant les magistrats. « J’ai adressé un mot à Emmanuel Macron pour lui indiquer que je souhaitais lui en parler », a-t-il confié durant l’entretien.
L’édile a ensuite précisé sa requête : « Je vais lui demander de venir répéter simplement ce qu’il a déjà déclaré. » Une allusion directe aux propos tenus publiquement par le président sur ce même dossier au cours de l’année 2025.
Sur TF1, le locataire de l’Élysée avait en effet jugé la situation « ubuesque ». Robert Ménard s’appuie sur ce qualificatif pour justifier son appel : « Puisque c’est ubuesque, il devrait, je l’espère, venir dire aux juges que cette affaire l’est réellement. »
L’élu a par ailleurs rappelé qu’en mai 2025, Emmanuel Macron avait reconnu « que le droit est mal conçu » sur ce point. Le président s’était alors montré ouvert à l’étude d’une proposition de loi devant l’Assemblée nationale.
Une proposition de loi rejetée par l’Assemblée nationale
En juin 2026, le groupe UDR d’Éric Ciotti a soumis un texte destiné à permettre aux maires d’écarter la célébration d’unions concernant des étrangers sans titre de séjour. Cette initiative prévoyait aussi de muscler les dispositifs de signalement des mariages suspectés d’être « arrangés ».
Le projet n’a toutefois pas franchi l’étape parlementaire. Submergé par une avalanche d’amendements déposés par les députés de gauche, il a finalement été repoussé par l’hémicycle. Le cadre légal encadrant l’action des officiers d’état civil est donc resté inchangé.
À l’approche de l’audience, Robert Ménard admet ressentir une certaine « inquiétude », notamment face à la menace d’inéligibilité qui plane sur lui. Il assure néanmoins n’éprouver aucun remords quant à son choix de 2023.
Pour défendre sa position, il a livré son raisonnement : « On m’explique que ces personnes devraient se trouver hors du pays, puisqu’elles y séjournent illégalement. » Une ligne qu’il maintient sans concession depuis le début de l’affaire.
Le maire de Béziers face à une lourde menace pénale
Le procès se tiendra le 30 septembre 2026 au tribunal judiciaire de Montpellier, dans l’Hérault. Robert Ménard devra répondre du refus d’unir une ressortissante française et un citoyen algérien visé par une mesure d’éloignement du territoire.
Les sanctions prévues par le code pénal pour ce type d’infraction sont significatives. L’élu s’expose au maximum à cinq années de prison, à une amende pouvant atteindre 75 000 euros, ainsi qu’à une privation de ses droits électoraux.
Une réélection confortable malgré le contexte judiciaire
Malgré ce dossier pesant, Robert Ménard a été reconduit à la tête de Béziers dès le premier tour des municipales de 2026. Il a recueilli 65,60 % des suffrages exprimés, confirmant son ancrage local.
Ancien compagnon de route du Rassemblement national, l’édile continue d’assumer une posture intransigeante sur les questions migratoires. Il place le strict respect des procédures administratives au cœur de son discours politique.
Ce procès pourrait dépasser le simple cas beziérois et alimenter une nouvelle fois la controverse sur le pouvoir des maires en matière de mariage. La suite dépendra notamment de la réponse d’Emmanuel Macron à la sollicitation de l’élu.