Les incendies dévastateurs en Algérie ont plongé une nouvelle fois le pays dans le deuil, avec une intensité que les habitants disent n’avoir jamais connue. Dans la wilaya de Jijel, la plus éprouvée, une bande de terre longue de plus de 100 kilomètres a été réduite en cendres en l’espace de quelques minutes. La fumée dégagée par ce brasier a atteint la Tunisie, selon les clichés du satellite européen Copernicus Sentinel-3.
Deux jours après le passage des flammes, il ne subsiste qu’un paysage de désolation. Les récits des rescapés glacent le sang et les images des ravages laissent sans voix.
« Tout a brûlé en quelques minutes » : le récit des incendies en Algérie
« De Ziama Mansouriah jusqu’à Milia, tout est parti en fumée, en quelques minutes seulement. Le feu s’est propagé comme une traînée de poudre », raconte un habitant qui a perdu plusieurs proches dans le drame. Un autre survivant confie que même les anciens n’avaient jamais assisté à un tel déchaînement.
« Les personnes âgées disent qu’elles n’ont jamais vu des incendies d’une telle ampleur et de cette intensité. Jamais ! », insiste-t-il. Cette sidération traverse l’ensemble des témoignages recueillis dans cette zone montagneuse.
Une catastrophe déclenchée mercredi à l’est de Béjaïa
Le drame a débuté mercredi. Des départs de feu d’une rare violence se sont multipliés entre l’est de Béjaïa et l’ouest de Jijel, transformant cette région boisée et vallonnée en immense fournaise.
Portées par des vents puissants, les flammes ont avancé à une vitesse foudroyante. Elles ont encerclé des villages entiers, prenant au piège de nombreux habitants. Certains ont tenté de fuir sans y parvenir, d’autres ont échappé de justesse à la mort.
Les personnes les plus gravement atteintes ont été transférées vers l’hôpital des Grands brûlés de Zeralda, structure de référence en Algérie pour ce type de prise en charge. Les victimes décédées ont, quant à elles, été enterrées.
Un vaste élan de solidarité après les incendies en Algérie
Alors que la région de Jijel tente de se relever de cette épreuve, un mouvement de solidarité s’est organisé dans tout le pays. Partout, des Algériens se mobilisent pour soutenir les sinistrés qui ont tout perdu.
Cet appui vise à répondre à l’urgence des familles privées de leurs maisons, de leurs terres et parfois de leurs proches. Les besoins restent immenses dans ces communes ravagées par le feu.
Tebboune évoque une piste criminelle derrière les incendies
Samedi, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a mis en avant l’hypothèse d’un acte volontaire pour expliquer l’origine de ces feux. Il s’est exprimé lors d’une visite aux blessés soignés à l’hôpital des grands brûlés de Zeralda.
« Je pense qu’il y a quelque chose de criminel. Le feu qui démarre avec cette force, ce n’est pas normal », a déclaré le chef de l’État. Ses propos ont trouvé un fort écho auprès des populations sinistrées.
Une thèse partagée par les habitants de Jijel
Sur le terrain, les résidents de Jijel adhèrent également à cette lecture des faits. Installés depuis des générations dans ces zones, ils connaissent parfaitement leur environnement et ont appris à composer avec le risque de feux de forêt.
Mais l’ampleur de cet embrasement dépasse tout ce qu’ils avaient pu observer. « L’origine criminelle de ces incendies ne fait aucun doute. Il y a eu plusieurs foyers en même temps. En quelques minutes, tout s’est embrasé », affirme un habitant, convaincu que rien ne relève du hasard.
Béjaïa aussi frappée : un enfant tué par les flammes
La wilaya de Béjaïa n’a pas été épargnée. La commune d’Ait Smail a elle aussi vécu des heures de terreur, cernée par un feu incontrôlable.
Samedi, un enfant a perdu la vie des suites de ses brûlures dans le village d’Ait Ali Oumhand, à Melbou, aux confins de la wilaya de Jijel. Dans cette zone densément boisée, les habitants confirment eux aussi n’avoir jamais fait face à des incendies d’une telle intensité.
Alors que le bilan humain et matériel de cette catastrophe reste lourd, la région entame un long travail de reconstruction. Entre solidarité nationale et interrogations sur l’origine des feux, les habitants attendent désormais des réponses claires sur les circonstances de ce drame.
