Les incendies en Algérie ont plongé plusieurs régions dans le deuil, frappant durement les wilayas de Jijel, Bejaïa et Tizi-Ouzou ces derniers jours. Face à l’ampleur des dégâts, le président Abdelmadjid Tebboune a évoqué une possible origine criminelle de ces feux dévastateurs. Une déclaration lourde de sens qui ouvre la voie à des investigations approfondies.
Incendies en Algérie : Tebboune au chevet des blessés à Zéralda
Ce samedi, le chef de l’État s’est déplacé à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, l’établissement le plus important d’Algérie dans cette spécialité. Sur place, il a pris le temps d’échanger avec plusieurs victimes hospitalisées.
La majorité des blessés rencontrés par le président sont originaires des wilayas de Bejaïa et de Jijel, deux régions particulièrement touchées par les flammes. Lors de cette visite, Abdelmadjid Tebboune a présenté ses vœux de rétablissement aux malades.
Cette démarche présidentielle témoigne de l’attention portée aux victimes de ces sinistres. Elle intervient dans un contexte de mobilisation nationale face à la répétition des feux de forêt cet été.
« Il y a quelque chose de criminel » : les propos de Tebboune sur les incendies
Au cours de sa rencontre avec le personnel médical, le président a livré une analyse marquante sur l’origine de ces catastrophes. Selon lui, la nature même de ces incendies interpelle et soulève de sérieux doutes.
« C’est vrai que la vitesse du vent n’a pas permis l’utilisation des avions, mais je pense qu’il y a quelque chose de criminel dans ces incendies », a-t-il confié au médecin chargé de lui présenter les blessés.
Le chef de l’État a insisté sur le caractère anormal de la propagation des flammes. « Pour que le feu démarre avec cette force, ce n’est pas normal. Nous allons mener les enquêtes nécessaires », a-t-il ajouté.
Une piste criminelle privilégiée par les autorités
Ces déclarations ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une réflexion partagée au plus haut niveau de l’État sur les causes réelles de ces sinistres à répétition.
Le président a présenté ses souhaits de guérison à un patient originaire de Taher, dans la wilaya de Jijel. Cette localité figure parmi les zones les plus éprouvées par la dernière vague de feux.
Des enquêtes lancées pour déterminer les causes des feux de forêt
La justice et les services de sécurité sont désormais mobilisés pour faire la lumière sur ces événements. Jeudi, depuis Jijel, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a officialisé le lancement d’investigations poussées.
Ces enquêtes visent à identifier précisément l’origine des incendies qui ont coûté la vie à plusieurs personnes. Les autorités entendent ne négliger aucune piste, y compris celle d’actes volontaires.
Cette démarche judiciaire répond à une exigence de vérité pour les familles endeuillées. Elle pourrait également permettre de prévenir de nouveaux drames en identifiant les responsables.
Un été 2025 marqué par deux vagues d’incendies meurtriers
L’Algérie a traversé une saison estivale particulièrement éprouvante sur le plan des feux de forêt. Le pays a en effet été confronté à deux épisodes distincts de sinistres ayant causé des pertes humaines.
La première vague s’est étendue du 8 au 28 juillet dernier. Durant vingt jours consécutifs, les sapeurs-pompiers se sont battus sans répit contre des brasiers d’une violence exceptionnelle. Ce premier épisode a fait six morts.
Onze pyromanes arrêtés lors de la première vague
Les investigations menées par les forces de sécurité ont donné des résultats concrets. Elles ont conduit à l’interpellation de onze pyromanes soupçonnés d’avoir provoqué volontairement des départs de feu.
Fait notable, certains de ces individus ont été appréhendés en flagrant délit, alors qu’ils allumaient les flammes. Ces arrestations renforcent les soupçons pesant sur l’origine humaine et intentionnelle d’une partie de ces sinistres.
La seconde vague d’incendies s’est abattue sur le territoire algérien mercredi et jeudi derniers. Ce sont ces feux récents qui ont endeuillé les wilayas de Jijel, Bejaïa et Tizi-Ouzou.
Les propos du président Tebboune sur la dimension criminelle de ces incendies confirment la gravité de la situation. Alors que les enquêtes suivent leur cours, l’Algérie devra tirer les leçons de ces catastrophes pour mieux protéger ses forêts et ses populations à l’avenir.