La production de pétrole de l’Algérie s’apprête à franchir un cap symbolique : le seuil du million de barils par jour, attendu dès le mois de septembre. Si le pays reste un exportateur majeur de gaz naturel, avec plus de 105 milliards de mètres cubes produits chaque année, son poids demeure modeste sur le marché de l’or noir.
Une production pétrolière algérienne en nette progression
L’extraction d’hydrocarbures liquides connaît une hausse continue depuis plusieurs années en Algérie. Selon un rapport publié par l’Opep le 12 août, le pays a extrait 995 000 barils par jour en juillet, contre 987 000 le mois précédent.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond. En moyenne, l’Algérie a produit 905 000 barils quotidiens en 2024, avant de passer à 935 000 en 2025, puis d’atteindre le pic de 995 000 barils enregistré en juillet dernier.
À ce rythme, le cap du million de barils par jour semble désormais à portée de main. L’Algérie confirme ainsi sa volonté d’exploiter davantage ses ressources pétrolières pour renforcer ses revenus en devises.
Le pétrole algérien à la 6e place du groupe des 7 de l’Opep+
Au sein du groupe restreint de sept pays membres de l’Opep+, l’Algérie occupe une position modeste. Elle figure à la sixième place du classement en matière de volumes extraits, loin des grands producteurs mondiaux.
Le pays ne devance qu’Oman, dont la production s’élève à 841 000 barils par jour. En tête du peloton, l’Arabie saoudite domine largement avec 10,478 millions de barils quotidiens, suivie de près par la Russie et ses 9,949 millions.
L’Irak complète le podium avec 4,341 millions de barils par jour. Viennent ensuite le Koweït, qui produit 2,676 millions de barils, puis le Kazakhstan, crédité de 1,628 million de barils quotidiens.
Un acteur de taille intermédiaire sur le marché de l’or noir
Ces chiffres illustrent le décalage entre l’Algérie et les poids lourds du secteur. Le pays maghrébin conserve néanmoins un rôle de partenaire actif au sein de l’alliance pétrolière, où il participe aux décisions collectives.
Sa force réside davantage dans le gaz naturel, un secteur où l’Algérie s’impose comme un fournisseur stratégique, notamment pour plusieurs marchés européens en quête de diversification énergétique.
Une hausse de production décidée par l’Opep+
La progression attendue en septembre découle d’une décision collective. Lors de leur réunion en visioconférence tenue le 2 août, les ministres des hydrocarbures du groupe ont validé une augmentation de la production.
Cette hausse globale porte sur 188 000 barils par jour supplémentaires, applicables à compter de septembre 2026. Chaque pays membre s’est vu attribuer une part de cette montée en volume.
La répartition suit le classement établi selon les capacités de production de chacun. Les deux géants du secteur, l’Arabie saoudite et la Russie, ont ainsi bénéficié d’un quota identique de 62 000 barils quotidiens chacun.
Un quota modéré pour l’Algérie
La part réservée à l’Algérie reste limitée, à hauteur de 6 000 barils supplémentaires par jour. Ce quota suffira toutefois à faire basculer la production nationale au-dessus du seuil symbolique.
Grâce à cet ajustement, l’extraction algérienne devrait atteindre 1,007 million de barils par jour dès l’entrée en vigueur des nouvelles mesures. Oman, de son côté, a obtenu une hausse encore plus faible, plafonnée à 5 000 barils quotidiens.
Cette augmentation progressive traduit la stratégie prudente de l’Opep+, soucieuse d’éviter tout déséquilibre sur les cours mondiaux tout en accompagnant la reprise de la demande.
Quelles perspectives pour la production pétrolière algérienne ?
Le franchissement du million de barils par jour représente une étape encourageante pour l’économie algérienne, fortement dépendante des recettes tirées des hydrocarbures.
Reste à savoir si cette dynamique pourra se prolonger dans les années à venir, dans un contexte marqué par la volatilité des prix et les enjeux de la transition énergétique mondiale. L’avenir du secteur dépendra en grande partie de la capacité du pays à valoriser ses gisements et à attirer de nouveaux investissements.
