À quelques jours du coup d’envoi de la Ligue 1 algérienne, prévu le 27 août, la mort d’un supporter du CRB relance le débat sur la violence liée aux ultras à Alger. Un jeune homme de 19 ans a perdu la vie lors d’une rixe entre groupes rivaux dans le quartier de Diar El Mahçoul, à El Madania. En réaction, les autorités ont lancé une campagne d’effacement des fresques murales dédiées aux clubs de football.
Un jeune supporter du CRB tué lors d’une rixe entre ultras à Alger
Le drame s’est produit lundi dernier sur les hauteurs de la capitale algérienne. Un adolescent de 19 ans, partisan du CR Belouizdad, a été mortellement poignardé au cours d’un affrontement opposant deux bandes de supporters.
Selon les éléments rapportés par la presse locale, tout serait parti d’une querelle liée à une fresque murale peinte par un groupe d’ultras dans le secteur d’El Madania. Ce type de peinture constitue un véritable marqueur territorial pour les factions de supporters.
Un collectif rattaché à un club adverse aurait cherché à effacer cette œuvre, considérant que le quartier relevait de son influence. Vexé, le premier groupe aurait répliqué en dégradant à son tour une fresque appartenant au camp adverse, alimentant l’escalade des tensions.
Un affrontement au couteau qui vire au drame
Si l’identité du club opposé n’a pas été confirmée, il s’agirait très probablement des supporters du Mouloudia d’Alger. La rivalité a fini par déboucher sur une confrontation physique directe entre les deux clans.
Durant cette bagarre, le jeune partisan du CRB a reçu un coup de couteau à la cuisse. Gravement touché, il a succombé à une hémorragie massive avant que les secours ne puissent le sauver.
La victime a été inhumée le lendemain au cimetière d’El Madania, entourée de ses proches et sous une surveillance policière renforcée. Une enquête a été ouverte pour reconstituer le déroulé des faits et interpeller les auteurs de l’agression.
Sidi M’hamed lance l’effacement des fresques murales des ultras
Face à cette tragédie, les responsables locaux ont réagi rapidement. Les services de la wilaya déléguée de Sidi M’hamed ont engagé une opération de nettoyage visant à recouvrir de peinture les fresques et dessins muraux consacrés aux équipes de football.
Cette campagne cible également les drapeaux et fanions arborant les couleurs des clubs dans les rues des quartiers concernés. « La décision a été prise sur instruction du wali délégué », a précisé une source proche du dossier.
L’initiative ne devrait pas rester circonscrite à Sidi M’hamed. Elle a vocation à s’étendre progressivement à d’autres communes et secteurs de la capitale, où les fresques d’ultras se multiplient depuis plusieurs saisons.
Vers des mesures plus strictes contre les dérives des ultras
D’après la même source, ce premier geste pourrait n’être qu’un préambule à des dispositions plus sévères. L’objectif affiché est de contenir les manifestations de « fanatisme et d’extrémisme » associées à certains groupes de supporters.
Les autorités s’interrogent par ailleurs sur les capacités logistiques de ces collectifs. La question de leur financement occupe une place centrale dans les réflexions engagées par l’administration.
Le phénomène n’a pourtant rien d’inédit. À l’approche des rencontres jugées décisives, de nombreux quartiers d’Alger et d’autres wilayas abritant des clubs rivaux se transforment au rythme des couleurs de leurs équipes favorites.
Quand les quartiers d’Alger se parent des couleurs des clubs de football
Fresques géantes, banderoles, oriflammes et décorations diverses envahissent alors l’espace public. Dans certaines zones, des immeubles entiers ont même été repeints aux teintes des formations locales, donnant aux rues l’apparence de fiefs revendiqués par les supporters.
Cette effervescence visuelle traduit la force du mouvement ultra en Algérie et sa capacité à orchestrer des opérations d’ampleur. Derrière ces décors spectaculaires se cache une organisation redoutablement efficace.
Le titre de champion d’Algérie remporté par le Mouloudia Club d’Alger l’été dernier en a donné une illustration éclatante. Les célébrations, marquées par un feu d’artifice grandiose relayé par des médias internationaux, ont émerveillé une grande partie des Algérois.
Mais ces festivités ont aussi soulevé de nombreuses interrogations sur les ressources mobilisées par ces groupes. La sophistication de telles démonstrations pose inévitablement la question des budgets nécessaires à leur mise en œuvre.
La mort de ce supporter du CRB illustre la face sombre d’une passion footballistique qui échappe parfois à tout contrôle. Entre effacement des fresques et projets de mesures renforcées, les autorités algériennes cherchent désormais à encadrer un mouvement ultra devenu incontournable dans le paysage urbain de la capitale.


