Le dinar algérien fait l’objet d’une polémique à Oujda, ville de l’est du Maroc proche de la frontière avec l’Algérie. Des commerçants locaux ont récemment signalé des tentatives présumées de fraude impliquant des pièces algériennes présentées comme de la monnaie marocaine. Ces alertes invitent les habitants et les vendeurs à redoubler de prudence lors des paiements en espèces.
D’après plusieurs sources marocaines, des professionnels du commerce d’Oujda ont été mis en garde ces derniers jours. Certaines personnes chercheraient à écouler des pièces libellées en dinar algérien en les faisant passer pour de la monnaie du royaume lors de transactions courantes.
Le cas le plus fréquemment évoqué concerne des pièces de 50 dinars algériens qui seraient présentées comme des pièces marocaines de 10 dirhams. L’écart de valeur entre les deux monnaies étant considérable, une telle confusion peut se traduire par une perte financière directe pour le commerçant.
Un stratagème basé sur la rapidité des transactions
Les témoignages recueillis mettent en avant une méthode reposant sur la vitesse d’exécution. L’objectif serait de tirer parti d’un moment d’inattention pour glisser une pièce étrangère dans un paiement.
Concrètement, la personne réaliserait la transaction très rapidement, sans laisser au vendeur le temps d’examiner correctement la monnaie remise. Certaines demandes d’échange seraient également formulées à la hâte, dans le même but.
Ce type de manœuvre repose donc moins sur une contrefaçon sophistiquée que sur une confusion visuelle et un manque de vérification au moment du règlement. Une attention accrue suffit dans la plupart des cas à déjouer la tentative.
Pourquoi le dinar algérien circule-t-il à Oujda ?
La présence du dinar algérien dans cette région marocaine s’explique en grande partie par la géographie. Oujda est située à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne.
Cette proximité a tissé, au fil des décennies, des liens humains, familiaux et commerciaux étroits entre les deux côtés de la frontière. La population de la zone connaît donc bien la monnaie algérienne, même si la frontière terrestre reste officiellement fermée depuis 1994.
Ce contexte particulier fait d’Oujda un carrefour où plusieurs devises peuvent être identifiées par les habitants. Cette familiarité facilite les échanges, mais elle peut aussi ouvrir la porte à des confusions lors de paiements réalisés dans la précipitation.
Des pièces à l’apparence parfois trompeuse
Les systèmes monétaires algérien et marocain comptent chacun plusieurs pièces métalliques. Certaines présentent une taille, une couleur ou un aspect général qui peuvent sembler proches lorsqu’on les observe rapidement.
Néanmoins, chaque pièce comporte des éléments distinctifs clairs. La valeur faciale, les inscriptions officielles, les motifs gravés et les symboles nationaux permettent d’identifier sans difficulté le pays émetteur.
Les commerçants appelés à la vigilance
Face à ces signalements, plusieurs vendeurs d’Oujda encouragent leurs confrères à consacrer quelques secondes au contrôle des pièces reçues. Cette précaution vise particulièrement les paiements effectués avec des pièces de 10 dirhams.
Le premier réflexe recommandé consiste à vérifier la valeur indiquée sur la monnaie. Il est ensuite conseillé d’examiner les inscriptions, les dessins et les emblèmes officiels afin de distinguer clairement une pièce en dinar algérien d’une pièce en dirham marocain.
Cette vigilance apparaît d’autant plus utile dans un contexte frontalier où plusieurs devises circulent dans les esprits, sinon dans les échanges quotidiens. Une simple habitude de vérification peut éviter bien des désagréments aux professionnels.
Un phénomène localisé, sans confirmation officielle
À ce stade, aucune donnée officielle ne permet d’affirmer que ces incidents constituent une pratique répandue à Oujda ou dans d’autres villes du Maroc. Les cas rapportés demeurent circonscrits à des observations locales.
Aucune communication des autorités monétaires ou sécuritaires n’est venue confirmer ou infirmer l’ampleur du phénomène. Le sujet reste donc à suivre, dans l’attente d’éventuelles précisions institutionnelles.
Cette polémique autour du dinar algérien illustre surtout l’importance d’un contrôle attentif des espèces lors des transactions. Dans une région marquée par des liens transfrontaliers anciens, la vigilance des commerçants demeure la meilleure protection contre les erreurs et les tentatives de tromperie.