L’allocation touristique de 750 euros suscite depuis quelques jours une vague de désinformation sur les réseaux sociaux. Le ministère algérien des Finances a tenu à couper court aux rumeurs faisant état d’un retour à l’ancien dispositif. Aucune source officielle n’avait pourtant validé ces informations relayées massivement en ligne.
Le ministère des Finances dément un document falsifié
Dans une mise au point diffusée le mercredi 5 août 2026 sur sa page Facebook officielle, le ministère des Finances a qualifié de faux le document qui circulait largement. Ce texte, présenté comme émanant de ses services, annonçait à tort une révision des règles encadrant le droit de change.
Selon la déclaration ministérielle, cette prétendue circulaire est « sans fondement » et « n’a pas été émise par ses services ». L’institution rappelle que ses communications officielles passent uniquement par ses canaux agréés et vérifiés.
Les autorités appellent les citoyens comme les médias à la prudence face aux contenus non authentifiés. Elles invitent chacun à ne pas partager d’informations dont l’origine n’a pas été confirmée par des sources fiables.
Des poursuites judiciaires envisagées
Le ministère a précisé qu’il se réservait le droit de saisir la justice. Les poursuites viseraient aussi bien les auteurs de la falsification que les personnes ayant contribué à propager ce faux document sur les plateformes numériques.
Les nouvelles modalités de l’allocation touristique restent inchangées
Les conditions d’attribution de cette aide au voyage, fixée à 750 euros par an pour les personnes âgées de 19 ans et plus, demeurent en vigueur. Entrée en application le 19 juillet 2026, la procédure impose désormais un versement via une carte de paiement internationale nominative, à l’exclusion de tout retrait en espèces.
La Banque de Développement Local (BDL) confirme sur son portail officiel que le droit de change n’est plus accessible que par ce moyen électronique. Ce virage marque une rupture nette avec l’ancien système fondé sur la distribution physique de devises.
Pour prétendre à cette allocation, les voyageurs doivent posséder à la fois un compte bancaire en dinars et un compte en devises. Ils sont également tenus de présenter un passeport valide, un visa lorsque la destination l’exige, un billet aller-retour et un justificatif de revenus.
Le règlement de la contre-valeur en dinars doit intervenir au plus tard sept jours ouvrés avant la date de départ. Ce paiement ne peut en aucun cas s’effectuer en liquide, conformément aux nouvelles dispositions.
Un dispositif conçu pour freiner la fraude aux devises
Le choix de la carte bancaire pour distribuer l’allocation touristique a été entériné lors du Conseil des ministres du 12 juillet 2026, présidé par Abdelmadjid Tebboune. Cette orientation répond à des « graves dépassements » observés dans l’usage du dispositif antérieur.
Les autorités pointent notamment des détournements de fonds organisés autour de voyages fictifs. Ces pratiques alimentaient directement le marché parallèle des devises, un phénomène récurrent dans plusieurs pays du Maghreb confrontés à des tensions sur les réserves de change.
Le chef de l’État a insisté sur le fait que ce nouveau mode de paiement permettrait d’écarter les intermédiaires. Certaines agences de voyages qui tiraient profit du système se retrouvent ainsi exclues du circuit.
Montants et conditions d’utilisation
Le montant accordé aux adultes s’élève à 750 euros par année civile. Les mineurs âgés de 12 à moins de 19 ans peuvent quant à eux bénéficier de 300 euros, dans la limite de deux enfants par famille. La durée minimale de séjour à l’étranger est fixée à sept jours.
L’usage de la carte demeure strictement personnel. Elle ne peut être ni cédée, ni prêtée, ni utilisée par une tierce personne, sous peine de sanctions.
En cas d’annulation du voyage ou d’un séjour inférieur à sept jours, le bénéficiaire doit restituer l’intégralité de la somme. Ce remboursement doit s’opérer dans un délai de cinq jours ouvrés après le retour. Tout manquement expose l’intéressé à une interdiction d’accès au droit de change pendant cinq ans.
Face à la circulation de fausses informations, les autorités algériennes réaffirment que le nouveau cadre reste pleinement applicable. Ce démenti souligne l’importance de vérifier chaque annonce à sa source, dans un contexte où les questions liées aux devises restent sensibles au sein de la région maghrébine.

