Les autorités algériennes ont procédé, le vendredi 31 juillet 2026, à l’arrestation de Mehdi Laribi, présenté comme l’un des fondateurs présumés de la DZ Mafia. Ce ressortissant franco-algérien, originaire de Marseille, faisait l’objet de recherches depuis plusieurs années par la justice française. Son interpellation s’est déroulée dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt délivré en France.
Une fois appréhendé, l’homme a été soumis à un contrôle judiciaire sur le sol algérien, selon une source judiciaire relayée par l’AFP. Il serait soupçonné d’avoir joué un rôle déterminant au sein de cette organisation criminelle née dans la cité phocéenne, spécialisée dans le trafic de drogue. Ses ramifications se seraient ensuite étendues à plusieurs autres villes françaises.
Mehdi Laribi, une cible majeure pour la justice française
Le garde des Sceaux français, Gérald Darmanin, s’est félicité du succès de cette opération. Il a adressé ses remerciements aux autorités algériennes pour leur collaboration avec le parquet national anticriminalité organisée, structure mise en place récemment, ainsi qu’avec le parquet de Marseille.
Le ministre a qualifié Mehdi Laribi de cible prioritaire dans le combat mené contre le narcotrafic et les réseaux criminels structurés. L’homme est en effet soupçonné d’occuper une position de premier plan au sein de la DZ Mafia, l’un des groupes les plus surveillés par les services français.
Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée, a été interpellée en Algérie. Merci aux autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération en lien avec le parquet national anti criminalité organisée (PNACO) et… https://t.co/JedPRY8EGk
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) August 5, 2026
L’enquête Octopus, pièce maîtresse du dossier
Le mandat visant Mehdi Laribi a été émis dans le cadre de l’enquête baptisée Octopus, pilotée par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Cette investigation avait abouti, au mois de mars, à une opération d’envergure ayant mobilisé environ 900 gendarmes dans le sud de la France.
Au terme de ce vaste coup de filet, une quarantaine de membres présumés de la DZ Mafia avaient été interpellés, dont 26 mises en examen. L’action judiciaire visait à démanteler les rouages d’une organisation dont l’influence n’a cessé de croître ces dernières années.
Une structure aux activités diversifiées
Parmi les personnes visées figuraient plusieurs cadres supposés du groupe, notamment Amine Oualane et Gabriel Ory. Déjà emprisonnés lors de l’opération, ces derniers auraient continué à orchestrer certaines opérations depuis leur cellule.
D’après des sources policières, le réseau ne fonctionnerait pas selon une hiérarchie unique et centralisée. L’organisation aurait par ailleurs élargi son champ d’action, s’orientant désormais vers l’extorsion de commerçants, en plus du trafic de stupéfiants.
Alger acceptera-t-elle d’extrader le suspect ?
La possibilité d’un transfert de Mehdi Laribi vers la France demeure très incertaine. Une source judiciaire a rappelé un principe constant : l’Algérie n’extrade pas ses propres ressortissants. Cette règle réduit fortement les chances d’un renvoi rapide de ce responsable présumé vers Marseille.
À ce stade, aucune communication officielle ne laisse entrevoir une position algérienne favorable à l’extradition. Le placement du suspect sous contrôle judiciaire suggère plutôt que l’affaire suivra dans un premier temps son cours devant les instances locales.
Une coopération sécuritaire malgré les tensions
Cette arrestation illustre néanmoins une forme de collaboration opérationnelle entre Paris et Alger, en dépit d’un climat diplomatique tendu entre les deux capitales. Gérald Darmanin s’était d’ailleurs déplacé en Algérie au mois de mai pour évoquer précisément la lutte contre la DZ Mafia.
La France aurait, dans ce contexte, adressé une dizaine de demandes d’entraide judiciaire concernant des figures du réseau présentes sur le territoire algérien. Le déroulement des prochaines semaines révélera si Alger opte pour une procédure interne, un partage d’éléments de preuve ou une remise exceptionnelle du prévenu.
L’interpellation de Mehdi Laribi marque une étape notable dans le suivi judiciaire de cette organisation criminelle transnationale. Elle témoigne aussi de la manière dont les questions sécuritaires peuvent parfois transcender les crispations diplomatiques entre les deux rives de la Méditerranée. La suite de ce dossier sensible sera scrutée avec attention de part et d’autre.
