La médecine nucléaire en Algérie franchit une nouvelle étape avec le projet d’unité de production de radio-isotopes de Draria, à Alger. Développé en partenariat avec l’entreprise argentine Invap, spécialiste des technologies nucléaires à usage médical, ce chantier fait désormais l’objet d’une attention particulière des autorités, qui réclament une accélération des travaux.
Lors d’une rencontre avec une délégation d’Invap conduite par son directeur général Dario Guissi, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a insisté sur l’urgence d’intensifier le rythme du chantier. Alger demande un suivi régulier de l’avancement des travaux ainsi qu’un respect strict du calendrier fixé pour cette infrastructure jugée stratégique.
Une unité pour consolider la médecine nucléaire algérienne
Implanté dans la wilaya d’Alger, le futur site de Draria doit offrir au pays la capacité de produire localement des radio-isotopes médicaux. Ces substances interviennent dans plusieurs volets de la prise en charge des patients, en particulier le diagnostic et le traitement.
Elles occupent une place centrale dans l’imagerie médicale, notamment pour identifier certaines pathologies. Elles sont également utilisées dans la radiothérapie ciblée, une approche destinée à traiter les cancers de manière plus précise.
La mise en fonctionnement de cette unité vise à alléger la dépendance du pays aux importations. Le secteur reste en effet contraint par la disponibilité et le transport de produits radioactifs dont la durée d’utilisation demeure limitée.
Vers une souveraineté sur les radio-pharmaceutiques
Grâce à cette installation, l’Algérie ambitionne de bâtir une véritable capacité nationale de fabrication de radio-pharmaceutiques. Le projet doit aussi favoriser le transfert de savoir-faire et la montée en compétences des équipes locales dans un domaine hautement technologique.
Un partenariat nucléaire entre Alger et Buenos Aires vieux de quarante ans
Le chantier de Draria prolonge une coopération de longue date entre le Commissariat à l’énergie atomique (Comena) et la société Invap. Depuis 1985, les deux partenaires travaillent ensemble sur plusieurs domaines liés aux applications pacifiques de l’énergie nucléaire.
Cette collaboration a notamment permis la construction du réacteur de recherche NUR, d’une puissance d’un mégawatt. Elle a également soutenu la formation, la production d’isotopes radioactifs ainsi que les usages médicaux et industriels du nucléaire.
Mourad Adjal a exprimé le souhait d’élargir ce partenariat. L’objectif affiché est de mieux exploiter l’expertise argentine dans la fabrication de radio-isotopes à échelle industrielle.
Invap, un acteur reconnu des technologies nucléaires
Créée en 1976, l’entreprise argentine Invap opère dans plusieurs secteurs de pointe. Ses activités couvrent le nucléaire, le spatial, l’aérospatial, le médical et les énergies alternatives.
La société dispose d’une expérience solide dans la conception d’équipements dédiés à la production d’isotopes médicaux. Cette expertise justifie l’intérêt d’Alger pour prolonger et renforcer sa collaboration technique.
Au cours de la réunion avec les responsables algériens, Dario Guissi a salué les acquis du partenariat noué avec le Comena. Il a réaffirmé la détermination d’Invap à poursuivre son engagement dans le développement de la médecine nucléaire en Algérie.
Un enjeu stratégique pour le système de santé
Dans un contexte régional où plusieurs pays du Maghreb cherchent à moderniser leurs infrastructures sanitaires, l’Algérie mise sur la maîtrise des technologies nucléaires civiles. Cette orientation s’inscrit dans une volonté de renforcer l’autonomie du pays face aux fluctuations des marchés internationaux de produits médicaux sensibles.
La disponibilité locale de radio-isotopes permettrait aux établissements hospitaliers d’accéder plus facilement aux outils de diagnostic et de traitement du cancer. Elle réduirait aussi les délais logistiques imposés par la nature périssable de ces substances.
Avec l’accélération du projet de Draria, Alger entend consolider ses capacités nucléaires à vocation pacifique. L’ambition est de structurer une filière nationale au service de la santé publique, capable de nourrir l’expertise scientifique locale et d’ouvrir de nouveaux usages industriels aux technologies nucléaires.

