La polémique sur les visas aux Algériens a désormais gagné le plus haut niveau de l’État français. Après une première mise au point du ministère des Affaires étrangères, c’est Emmanuel Macron lui-même qui est intervenu pour rectifier les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet.
Une déclaration de l’ambassadeur à l’origine de la controverse
Tout est parti d’un entretien accordé par le diplomate le 14 juillet dernier. Interrogé sur la délivrance des visas aux ressortissants algériens, Stéphane Romatet avait exprimé une volonté claire de relance.
Selon lui, l’objectif consistait à voir remonter le nombre de visas accordés aux citoyens algériens disposant de motifs légitimes pour se rendre en France. Le représentant français évoquait un retour progressif aux volumes enregistrés avant la crise diplomatique entre les deux pays.
Ces propos, largement diffusés, ont rapidement déclenché de vives réactions dans le paysage politique français.
Une vive réaction à droite et à l’extrême droite
Les déclarations de l’ambassadeur ont suscité l’indignation d’une partie de la classe politique. La droite et l’extrême droite ont exprimé leur ferme opposition à toute normalisation des relations franco-algériennes.
Face à la montée de la controverse, le Quai d’Orsay a réagi sans tarder. Le ministère a insisté sur le fait qu’aucun objectif chiffré n’avait été arrêté concernant les visas.
Les Affaires étrangères ont par ailleurs précisé que la question des visas destinés aux ressortissants algériens ne figurait pas parmi les dossiers en discussion avec Alger.
Macron affirme qu’aucun objectif chiffré n’existe pour les visas aux Algériens
Le mercredi 22 juillet, le président de la République a pris la parole sur ce dossier sensible. Ses propos ont été relayés par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lors du compte rendu du conseil des ministres.
La porte-parole a expliqué que le chef de l’État avait souhaité corriger les déclarations de l’ambassadeur, très commentées ces derniers jours, notamment sur la question du nombre de visas accordés.
Toujours en reprenant les mots du président, Maud Bregeon a insisté sur la fermeté de la position française. La France mène, selon elle, un travail rigoureux sur les grands enjeux liés à l’Algérie.
Elle a toutefois tenu à écarter tout malentendu : aucun objectif chiffré n’existe en matière de visas, et aucune forme de laxisme n’est tolérée du côté français.
Emmanuel Macron rappelle avoir réduit le nombre de visas aux Algériens
Pour clore cette mise au point, la porte-parole du gouvernement a rappelé un élément essentiel du bilan présidentiel. C’est bien Emmanuel Macron qui a lui-même diminué le volume de visas délivrés aux Algériens.
Ce nombre était particulièrement élevé au moment de son arrivée au pouvoir, il y a neuf ans. Maud Bregeon a souligné qu’en 2017, année de la première élection du président, la France accordait environ 500 000 visas par an.
Dès son entrée en fonction, le chef de l’État aurait pris la décision de revoir ces chiffres à la baisse. Cette orientation visait à mieux répondre aux besoins réels de la France tout en tenant compte du contexte géopolitique.
Un dossier au cœur des tensions franco-algériennes
La question des visas demeure un sujet extrêmement sensible dans les relations entre Paris et Alger. Elle cristallise à la fois des enjeux migratoires, diplomatiques et politiques intérieurs.
La rapidité avec laquelle l’exécutif français a réagi témoigne de la portée de cette controverse. Le sujet touche autant la politique étrangère que les débats internes autour de l’immigration.
En intervenant personnellement, Emmanuel Macron a cherché à reprendre la main sur un dossier devenu explosif en quelques jours seulement.
Cette séquence illustre la fragilité des relations entre la France et l’Algérie, où le moindre signal peut déclencher une tempête politique. La question des visas aux Algériens reste ainsi un terrain particulièrement scruté, où chaque déclaration officielle est aussitôt analysée des deux côtés de la Méditerranée.
